Troisième et dernier édifice, assurément le plus rocambolesque construit à l’occasion de ces Jeux de la Francophonie (nos articles – abonnés – sur le dôme de Villebon et la piscine de Mennecy), le stade Robert Bobin de Bondoufle. Inauguré en 1994 pour une bagatelle d’environ 20 millions d’euros, ce stade omnisports de près de 19 000 places est le cinquième plus important d’Île de France, derrière le stade de France, le Parc des Princes, le stade Jean Bouin, et le stade Charlety. Sa construction entièrement financée par le conseil général de l’époque n’a cessé de faire débat, et pour cause.

Ça sonne creux

Situé au croisement de la Francilienne et de l’A6, ce site notamment composé d’une piste d’athlétisme, n’a jamais su être rentabilisé. “Je ne l’ai jamais vu plein”, assure Daniel, qui se rend régulièrement au stade depuis son ouverture. “Ils n’arriveront jamais à le remplir”. Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Ce stade, il en a accueilli des événements. Des matchs de football américain dans un premier temps. Des compétitions d’athlétisme par la suite, qu’elles soient départementales ou bien nationales. Ou encore des rencontres de football au standing plus ou moins élevé. C’est d’ailleurs lors d’un match amical entre le PSG et la grande Juventus Turin (0–1) de Del Piero et de Lilian Thuram en 2004, que le stade à connu sa plus grosse affluence.

Si son positionnement est sûrement l’une des raisons de cet échec, sa structure a elle aussi été cible de nombreuses critiques. Sur ses 18 850 places, seules 4500 sont couvertes. Et sur ces 4500 places couvertes, seule une centaine (tribunes VIP) offre des sièges aux spectateurs. Pour le reste, du béton, et encore du béton. Autant dire qu’en dehors des beaux jours, ce stade n’a quasiment aucune chance d’afficher complet. « Niveau courants d’air,  il est très mal protégé », ajoute Daniel.

Et après ?

Aujourd’hui, et après un court passage de l’AS Evry lors de la saison 1999–2000, lorsque le club évoluait encore en National, le FCF Juvisy est le principal utilisateur des lieux. Le club de football féminin septuple champion de D1 en est le résident depuis la saison 2013–2014, et y joue quasiment toutes ses rencontres à domicile. Là non plus, pas de quoi remplir le stade, les gros matchs accueillant près de 2000 personnes. Ajouté à cela le fait que le FCF Juvisy n’a pas joué la Ligue des champions depuis 2013, et on obtient des interrogations du côté du département. « Globalement on réfléchit. On s’interroge sur ce qu’on peut en faire », concède Sophie Rigault, vice-présidente du Conseil départemental dédiée au sport et à la jeunesse. Le Football Club Fleury 91 s’y est aussi installé depuis le début de sa saison et y joue désormais la majorité de ses matchs à domicile.

Légitimes sont ces interrogations au vu des derniers événements du club féminin. En pourparlers, le FCF Juvisy et le Paris FC pourraient ne faire qu’un d’ici le début de saison prochaine. Qu’adviendra-t-il alors de ce stade ? « On souhaite que les joueuses de Juvisy continuent de venir jouer ici », poursuit la vice-présidente citant les différentes manifestations organisées dans ce stade. « On aimerait aussi que le Paris FC vienne jouer ici ». Une volonté partagée par Marie-Christine Terroni, présidente du club depuis 2007, qui confirme par ailleurs que les négociations avec le club actuel 10e de National sont toujours en cours. « On jouera toujours à Bondoufle. On l’avait prévu et logiquement on est résidents à Bondoufle jusqu’en 2020. Le président du département souhaite que l’on reste à Bondoufle », explique-t-elle.

Un objectif : jouer de nouveau les têtes d’affiches dans ce championnat de D1 où les clubs rattachés à des clubs professionnels masculins font désormais la loi (Lyon, PSG, Montpellier…). Même s’il y parvient, le FCF Juvisy aura bien du mal à boucher les trous présents dans les tribunes, de quoi s’interroger sur la réelle utilité de cet équipement. « On y joue parce qu’il faut un niveau de terrain. Quand on reçoit le PSG par exemple, il y a du monde », argumente la présidente du club essonnien. « Le stade de Bondoufle est une priorité pour nous, d’autant plus que les matchs sont de plus en plus en plus télévisés », conclut-elle. Un argument important certes, mais pour un stade qui coûterait environ 750 000 euros par an au département, est-ce vraiment suffisant ?