La résidence de la préfète de l’Essonne Josiane Chevalier, derrière la préfecture, est ornée de peintures toutes plus chatoyantes les unes que les autres. Autour d’une grande tablée, 19 artistes essonniennes issues de toutes les disciplines. Un tour de table pour se présenter et la discussion est lancée : manque de subvention pour les associations agissant pour l’égalité, éducation à la sexualité dans les quartiers… Le chemin est encore long dans la lutte pour l’égalité hommes-femmes. En Essonne y compris.
« Le thème des autres années était souvent les femmes chef d’entreprise. Cette année, je n’ai pas eu le temps de beaucoup m’intéresser à la culture, explique Josiane Chevalier. C’était l’occasion de connaître ces femmes artistes. Elles sont d’une grande diversité ».
« On montre souvent du doigt les autres pays, mais on oublie qu’en France il y a beaucoup de choses à changer », souligne Valérie Valera, danseuse et animatrice d’ateliers de danse « pour être bien dans son corps ».
Invitée également, l’auteure évryenne franco-algérienne Leïla Souidi pointe l’importance de la transversalité des combats féministes, de la France à l’Algérie. « Tout n’est pas tout blanc ou tout noir, dans un pays ou dans l’autre ». Ce qui frappe ce jour-là, c’est la diversité des profils de ces femmes artistes, issues de toute l’Essonne et de tous les milieux artistiques. Awa Ba, présidente de l’association EFAPO qui lutte contre la polygamie, écrivain, symbolise aussi cette nécessité de lutter pour les droits des femmes sans se mettre de frontières, de la France jusqu’à l’Afrique.
Mais autour de la table, d’autres questionnements ont émergé au cours de ce petit-déjeuner. Par exemple, l’appel à projet 2016 du département sur l’égalité hommes-femmes n’a été émis qu’en septembre 2016 – « il aurait dû apparaître en novembre 2015 », rappelle Audrey Lehont, cinéaste et créatrice de l’association Marianne films (qui promeut l’égalité filles-garçons via le cinéma). Il n’a pas été possible non plus, selon certaines associations, d’obtenir des financements auprès du délégué régional des droits des femmes, qui dépend de L’État, « faute de crédits ».