Lui aussi a été construit en 1992 dans le but d’accueillir les Jeux de la Francophonie. Lui aussi a coûté quelques millions d’euros, 12 plus précisément. Et lui non plus n’a pas du tout été utilisé pour cet événement organisé en 1994, majoritairement à Paris. Mais, à l’instar du Grand Dôme de Villebon, sur lequel la Fédération Française de Judo s’est positionnée, le stade nautique de Mennecy devrait lui aussi reprendre vie. Focus sur le deuxième équipement sportif de cette série.

Onze ans plus tard

Neuf ans. Neuf ans que les Menneçois attendent désespéramment la réouverture de leur piscine. Celle qui a été construite en 1992 pour les Jeux de la Francophonie. Celle qui a accueilli environ 380 000 nageurs dans ses années fastes. Celle qui a été rénovée à hauteur de 2,2 millions d’euros en 2005. Mais surtout celle qui a vu ses portes fermées en 2008. « Le département a décidé qu’il ne ferait pas les travaux », lance Jean-Philippe Dugoin-Clément, maire de Mennecy. Contestée dès sa construction au début des années 90, la piscine de Mennecy a donc réellement cessé de flotter en 2008, laissant derrière elle des milliers d’utilisateurs.

S’en suit alors de multiples interrogations. « Ils voulaient s’en débarrasser », affirme même le fils de l’ex-président du Conseil départemental à l’origine de la construction de l’édifice en 1992, Xavier Dugoin. Ce n’est que 5 ans plus tard, et à la suite de bon nombre de négociations, que le Stade Nautique menneçois est cédé à la Communauté de Communes du Val d’Essonne (CCVE) pour un euro symbolique. « La commune toute seule n’aurait pas assumer le stade nautique, donc l’intercommunalité a été solidaire », précise Patrick Imbert, président de la CCVE.

Selon le maire de Mennecy, le déficit financier n’était pas non plus supportable pour l’intercommunalité, du moins, en l’état. « Il faut savoir que ce genre d’équipements, comme les crèches, sont des équipements déficitaires », rappelle-t-il. Des travaux de recalibrage du site sont étudiés, un contrat de délégation de service public est ensuite signé en juillet 2016 après de longs mois de recherches. ENGIE Cofely-RECREA sont alors désignés pour : « réaliser les travaux et exploiter le site pendant 12 ans », poursuit le président de la CCVE. Les financeurs ? Le Département à hauteur de 7,5 millions, la Région à 2,5 millions, ainsi que le centre national de développement du sport à 800 000 euros. « Ça va coûter environ 18 millions d’euros hors taxe », ajoute Jean-Philippe Dugoin-Clément.

Une offre plus familiale

Permis de construire accepté, les travaux devraient commencer le mois prochain à en croire ses dires. Vingt-quatre mois seront alors nécessaires pour une notable transformation de ce Stade nautique Maurice Herzog de Mennecy. Les changements ? Son nom tout d’abord. L’équipement se nommera désormais : « Aquastade intercommunal du Val d’Essonne ». « On va garder Maurice Herzog pour ne pas toucher à l’histoire », glisse Patrick Imbert.

Si le bassin olympique devrait bien être conservé, des bouleversements sont à attendre sur le bassin annexe ainsi que sur le petit bassin d’apprentissage. « Avant on était sur un établissement dédié principalement à la compétition », poursuit le président de la CCVE. « Là on veut un établissement partagé entre le familial, le sportif, et le ludique ». Pour ce faire, un espace bien-être, notamment composé d’un SPA (Sauna, Hammam, tisanerie, espace rééducation…), sera construit. « C’est là où il y aura le plus gros changement », réagit le maire menneçois.

Les enfants auront droit à leur coin ludique mais aussi à un mur de grimpe, particularité du nouvel équipement. A noter que ce projet co-construit avec le club de natation de la ville permettra aux licenciés de bénéficier de leurs propres lignes d’eau. En somme, un projet aux allures resplendissantes qui ferait de ce centre nautique l’un des plus beaux établissements du centre Essonne. « C’est un manque pour l’ensemble des habitants du secteur. Je suis heureux de savoir que cet établissement reparte pour une nouvelle vie », conclut le premier édile de la ville. Et si la première pierre a été posée le 25 février dernier, espérons juste pour cette fois qu’elle ne tombe pas à l’eau !