Les projets immobiliers fleurissent un peu partout dans l’Essonne. De nouveaux bâtiments, logements, maisons de santé voient le jour, mais ces constructions entraînent bien souvent des démolitions ou des réaménagements urbains. En effet, il faut bien trouver de la place pour voir naître un nouveau projet, surtout dans les communes très urbanisées. Très souvent ces destructions divisent et même opposent au sein des conseils municipaux. C’est le cas dans la commune de Crosne. Tandis que le maire et sa majorité ont voté la vente du terrain d’un parking en centre-ville, Place du 8 mai, à un promoteur immobilier, l’opposition ne veut pas laisser passer ce dossier, et souhaite revenir sur plusieurs points. Deux échos différents pour une même commune. Qui a raison ? Qui a tort ? Telle est la question.

Le projet d’aménagement appelé « Ilot-Centre » promet de créer des logements en plein centre-ville dont une partie est destinée à être du social. C’est un héritage de l’ancienne municipalité qui avait conçu ce projet en 2009 en prévoyant 90 logements dont 50% de sociaux. La nouvelle équipe municipale a déjà revu les ambitions à la baisse en passant à 70 logements et 20 logements sociaux. Le maire de la commune, Michaël Damiati explique ce choix simplement, « nous avons voulu l’Ilot-centre moins dense pour éviter des problèmes de stationnement car c’est en plein centre-ville et pour conserver l’intérêt des Crosnois ». Comme dans bien des communes, les divergences d’idées sont nombreuses entre la municipalité et l’opposition et la ville de 10 000 habitants n’y échappe pas. Menés par Christophe de Freitas, les opposants ont distribué un tract fin septembre pour exprimer leur mécontentement face à la décision de la mairie de valider le projet et de le vendre au promoteur immobilier MDH. « Le chantier est vendu à une entreprise pour un prix bien inférieur. C’est comme si la ville faisait un cadeau de 600 000 euros au promoteur », confie Christophe de Freitas, conseiller municipal de l’opposition. Une déclaration totalement démentie par le maire qui ne voit pas l’intérêt pour la commune de faire ce geste envers la société MDH.

Un projet, deux versions

Des discours totalement opposés. Lorsque Monsieur De Freitas annonce que le projet est suspendu car un recours a été déposé, Monsieur Damiati affirme qu’il est toujours en cours. L’élu d’opposition veut le meilleur pour Crosne et estime que le maire n’est pas transparent avec ses habitants car aucune réunion publique n’aurait eu lieu, si bien qu’il exprime son mécontentement avec des chiffres : « le parking comporte 51 places, après le chantier il y aura une perte de nombreuses places, nous sommes donc largement perdants ».  En développant, il indique qu’une quarantaine de places manqueront, « sans compter tous les nouveaux habitants qui se gareront dehors et les nouveaux besoins à satisfaire. Le programme immobilier à lui seul, réclame 91 places de parking pour les nouveaux Crosnois, ainsi que 11 pour les visiteurs et 19 pour les commerces. 32 d’entre elles seront en surface ».

Ce à quoi Michaël Damiati conteste que le nombre de places ne va pas diminuer dans la mesure où l’Ilot-Centre va bénéficier d’une mini surface commerciale avec un parking donc, et « à proximité de l’école, il y a des places inexploitées. Nous allons créer 25 places à 300 mètres du projet », confie le premier édile de la ville. Des travaux qui garantiront selon ce dernier, un bénéfice de places de parking.  Malgré tout, les opposants restent fermes même s’ils ne sont pas contre ce projet de logements sociaux, qui est une bonne chose pour la commune, « mais passer de 50 logements sociaux à 20, c’est tout de même inacceptable ». Ils réclament donc une révision du projet, au niveau de l’urbanisme, de réduire la densité de l’Ilot-Centre et d’augmenter le prix de la vente au promoteur. Des suites qui ne tarderont pas, quoi qu’il en soit, le projet devrait tout de même aboutir et les travaux devraient commencer incessamment sous peu.