20h20, lundi 27 février, la salle du conseil de la mairie de Longpont se remplit peu à peu. Les quelques élus encore présents autour de la table se saluent. Il y a comme une ambiance de fin de mandat qui règne dans l’air. Et pour cause, il s’agissait du dernier conseil municipal de la mandature de Philippe Hamon. En effet, les Longipontains sont attendus dans leur bureau de vote les 12 et 19 mars prochains pour élire leur nouveau maire. « Ce coup-ci, c’est bien le dernier avant les élections », souffle-t-on dans le public, bien maigre par rapport à d’habitude. « C’est même sans doute le dernier pour une partie de ces élus », rétorque une femme assise à ses côtés.

20h30, celui qui est encore le maire de la commune ouvre la séance. « Ce sera un ordre du jour assez court, mais avec une importance capitale », lance Philippe Hamon. Seulement trois points étaient effectivement notés à l’ordre du jour, mais parmi eux, figuraient le vote du budget 2017 ou encore le vote des taux de l’impôt direct. « De quoi permettre la tenue d’un débat », lâche le maire. Un débat qui a pu se tenir, mais en petit comité. Seuls deux des membres de l’opposition étaient présents sur trois, le reste des conseillers ayant démissionné courant de l’automne, entraînant ainsi une nouvelle élection.

Une baisse de 10% de la fiscalité

Et la grande annonce de la soirée ne tarde pas à arriver. À peine cinq minutes après le début de la séance, le maire lève le voile sur les taux d’imposition pour l’année 2017. Et comme il l’avait susurré lors du dernier conseil municipal début février, ceux-ci sont en baisse par rapport à l’année dernière. Il faut dire que Longipontains avaient hérité de taux particulièrement élevés à cause d’une hausse de 25% imposée par la chambre régionale des comptes (CRC) sur la taxe d’habitation et d’à peine plus de 20% sur la taxe foncière. Cette année, la majorité encore en place a proposé de baisser ces taux de 10% chacun. « C’est un résultat que nous devons grâce à un excédent budgétaire de 1,049 millions d’euros que nous avons réussi à dégager sur les charges du personnel. C’est un retour à une fiscalité acceptable », se félicite Philippe Hamon.

Une baisse des impôts que l’ancienne maire de Longpont n’a pas souhaité approuver. « Bien qu’il s’agisse d’une baisse significative, nous ne voterons pas ces taux. Sincèrement, il nous était possible de baisser les taux d’au moins 15%. Ce sont vos choix, mais sachez qu’il était possible de faire plus », explique Delphine Antonetti. « Nous sommes des gens responsables, répond alors le maire. Nous baissons de 10% car il n’était pas possible de faire 11, 12 ou 15% », commente ce dernier avant de s’interroger : « C’est tout de même incompréhensible de se positionner contre une baisse d’impôt ». « Nous votons ainsi, car nous sommes contre l’ensemble du processus budgétaire que vous présentez », précise le collègue de Delphine Antonetti présent dans l’opposition, Fakroudine Yakoubaly.

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Le temps des derniers règlements de compte

Au final, les taux d’imposition et le budget 2017 ont été validés par la majorité. Un fait qui ne convient pas à un autre candidat au scrutin municipal, Alain Lamour. Ce dernier, tête de liste d’Ensemble pour Longpont, estime dans ses différents tracts « qu’une baisse prématurée des impôts est non seulement démagogique, mais surtout dangereuse. Elle pourrait plonger la commune dans un gouffre encore plus profond », commente ce dernier qui propose la mise en place d’un plan de redressement des finances communales sur trois ans. Ils s’opposent ainsi au choix de Philippe Hamon, candidat à sa succession, ou encore aux propositions de Delphine Antonetti, avec qui, « il y a eu une rupture en juin », car il y avait des « divergences de travail au sein du groupe », rappelait-il il y a peu. Lors de ce conseil du 27 février, Delphine Antonetti a choisi de remettre les pendules à l’heure avec son ancien adjoint, lorsque celle-ci était maire de la commune entre 2008 et 2014. « J’ai toujours été disciplinée, j’ai toujours été fidèle à mon groupe jusqu’au bout à l’inverse de ce que veulent faire transparaître certains. Même quand cela va mal, le capitaine ne doit jamais quitter le navire », lâche-t-elle, des trémolos dans la voix, faisant référence au fait qu’Alain Lamour et une partie de ses nouveaux colistiers aient quitté le conseil municipal à l’automne.

Cette dernière ne sera d’ailleurs pas tête de liste, mais figurera bien sur l’une d’entre elles. Un temps annoncé comme le candidat du groupe Servir Longpont, Jean Jacquin a pourtant décidé de jeter l’éponge à moins d’une semaine de la date butoir de remise des listes en préfecture. « Notre groupe ne fera pas de commentaires à ce sujet », explique Delphine Antonetti, visiblement encore marquée par ce départ. Pascal Amrhein, qui a hérité de la tête de liste, explique pour sa part que le côté « pluriel » de la liste « ne convenait plus » au principal intéressé. De son côté, Jean Jacquin a brièvement justifié sur les réseaux sociaux son départ, citant le « népotisme » de certains. Une publication depuis supprimée… Signe que la plaie n’est peut-être pas encore totalement refermée ?

Le maire sortant n’y est pas allé de main morte avec son ancien adjoint en charge des finances et aujourd’hui candidat, Patrick Gamache. Celui-ci l’a une fois de plus accusé d’avoir grossi les traits de ce que certains appelaient « la faillite de Longpont ». « J’ai vu jusqu’où lui et ses soutiens étaient prêts à aller. Les masques sont tombés et il ne fallait surtout pas qu’ils restent dans l’ombre. Maintenant nous savons qu’ils sont là pour détruire l’intérêt général. Longpont n’est qu’un tremplin politique pour eux », s’est notamment emporté le maire sortant, qui brigue un nouveau mandat. Pour sa part, Patrick Gamache niait récemment ces accusations, prétextant que seuls « l’incompétence, l’absence d’anticipation, l’amateurisme des dernières équipes qui se sont succédées ont conduit la commune à la faillite entraînant une forte hausse des impôts fragilisant ainsi la vie de nombreux Longipontains, et allant même jusqu’à dévaloriser notre patrimoine personnel ». Désormais, les électeurs de Longpont ont les cartes en main. Ils devront ainsi choisir parmi les quatre listes dans les starting-blocks.