Choux de Pontoise, Bries de Melun ou de Meaux, Asperges d’Argenteuil… Cette année, les produits franciliens ne manquent au salon de l’agriculture. Pour les retrouver, rien de plus simple : rendez-vous au parc des expositions, Porte de Versailles, pavillon 3, là où sont regroupés les producteurs d’Ile-de-France mais aussi des douze autres régions de l’Hexagone.

Près du stand du Centre régional de valorisation et d’innovation agricole et alimentaire (Cervia), les exposants essonniens tiennent fièrement leur place. Au premier rang desquels l’Herbier de Milly, habitué des lieux. Fondée en 1992 par Catherine Bosc-Bierne, productrice et distillatrice, l’herboristerie est présente pour la 25e fois Porte de Versailles. L’occasion de multiplier les contacts et présenter les nouveautés de l’année : « Les échanges que nous avons avec les visiteurs sont très positifs, se réjouit Danielle Samson, qui travaille sur l’exploitation depuis plus d’un an. Nous avons pu présenter nos nouveaux produits, comme le Mojito à la menthe poivrée de Milly ».
Car sans surprise, la célèbre menthe de Milly fait toujours la renommée de l’exploitation : « C’est vrai que c’est emblématique, d’autant que Catherine est une des dernières productrices, précise Danielle Samson. Cela nous permet de promouvoir l’agriculture du département, surtout celle du Sud-Essonne, fertile, boisée mais parfois méconnue ».

Apprendre à se faire connaître

À quelques mètres, son voisin de palier n’en pense pas moins. Ludovic Joiris dirige l’Huilerie artisanale de L’Orme Creux à Corbreuse, près de Dourdan. Et pour son premier salon, il entend bien se faire un nom : « Je suis content, on vend plus que ce que je pensais, déclare le producteur essonnien. Et puis ça me permet de prendre des contacts professionnels, car je n’ai pas encore les moyens d’embaucher quelqu’un pour ça  ».
Fabriquant d’huile de lin alimentaire et industrielle, mais aussi d’huile de chanvre et de caméline, ces quelques jours Porte de Versailles lui offrent l’opportunité de parler de son métier : « On propose des idées de recettes, on informe sur l’usage du savon noir mais aussi sur les bienfaits de nos huiles sur la santé ».

Ainsi, vous apprendrez peut-être que l’huile de lin se marie très bien avec les patates douces, les filets de hareng ou encore les émiettés de crabe et d’œuf. Que la salade de choux fait bon ménage avec la caméline et que le savon noir sert aussi bien à dégraisser une cuisine qu’à laver le sol ou la vaisselle. « J’ai également donné une petite conférence sur l’agriculture de conservation des sols que je pratique depuis plusieurs années maintenant, conclut Ludovic Joiris, par ailleurs membre de l’Association pour la promotion d’une agriculture durable (APAD). L’idée est de retrouver la fertilité naturelle du sol par l’augmentation de la matière organique tout en évitant le recours massif aux produits phytosanitaires  ».

Pavillon 3, le stand de la région Ile-de-France accueille les exploitants essonniens (MB/EI).

Pavillon 3, le stand de la région Ile-de-France accueille les exploitants essonniens (MB/EI).

De la pédagogie. Edith Pigeon Voilà ce qu’est venue faire Edith Pigeon, mardi 28 février. Pour son premier salon, celle qui élève 3 000 poules pondeuses à Chauffour-lès-Étréchy a présenté son activité et mis en avant son distributeur d’œufs à la demande : « J’ai pu expliquer mon travail quotidien au poulailler, les préparations de commandes, les livraisons, mais aussi le développement de la vente en circuits courts, livre-t-elle. J’ai eu un accueil bienveillant et les gens m’ont posé des tas de questions sur mes poules. Ils m’ont souhaité beaucoup de réussite, c’était chouette !  ».

À l’image d’Edith Pigeon, Nicolas Dufour arpente lui aussi les allées du salon. Il y a 5 ans, il s’est lancé dans la récolte du chanvre en complément de ses cultures céréalières. Associé à six autres agriculteurs, il alimente ainsi, du côté de Champmotteux, une filière locale destinée au secteur de l’habitat responsable : « L’idée est vraiment de maîtriser toute la chaîne : de la production à l’application, en passant par la transformation, dévoile-t-il. On a trop délaissé la valorisation de notre produit. Il faut arrêter les intermédiaires qui font des marges ailleurs. Plus on favorisera la consommation locale, moins le consommateur paiera cher ».
Si son projet avance, puisque le site de transformation devrait être opérationnel fin juin pour une mise en route progressive cet été, il confie que sa présence au salon lui a permis de faciliter certaines démarches : « On est toujours en train de finaliser les financements alors que les travaux ont déjà débuté, raconte-t-il. Le salon permet de croiser des officiels, notamment les financiers, pour essayer d’accélérer les choses. J’ai déjà eu des retours positifs (rire) ».

Avec son entreprise Gatichanvre, il réalisera d’ailleurs les travaux d’isolation du sous-bassement routier de la déviation qui doit relier la N 20 à la D 191 au niveau d’Étampes : « On a fait appel à nous dans le cahier des charges car le chanvre est un très bon isolant et parce que nous en produisons dans le coin, annonce Nicolas Dufour. Les opérations doivent débuter fin mars, cela va renforcer notre implantation locale ».

Les nouvelles technologies à l’honneur

Enfin, l’édition 2017 du salon international de l’agriculture fait la part belle à la modernisation de la profession, notamment via l’utilisation de nouvelles technologies. Si à Boutigny-sur-Essonne, le céréalier Nicolas Hottin a équipé son tracteur d’un guidage GPS, le stand de la région Ile-de-France a décidé de mettre en avant les technologies aériennes. Les visiteurs peuvent ainsi admirer plusieurs drones suspendus au-dessus du sol. Mais plus amusant encore, un voyage à 360° est proposé aux plus téméraires.

(MC/EI).

Les nouvelles technologies aériennes sont à l’honneur lors de l’édition 2017 du salon de l’agriculture (MC/EI).

Lunettes à réalité augmentée sur la tête et casque sur les oreilles, ils sont téléportés plusieurs mètres au-dessus d’un champ. L’objectif : partager la vision d’un drone. « Ce simulateur vous donne une vue d’ensemble sur une parcelle, explique Paul Avron, étudiant en BTS production animale en charge de l’atelier. On se rend bien compte de l’apport qualitatif du drone qui va permettre de détecter des maladies, de calculer des surfaces ou des coordonnées GPS, de mesurer les bonnes doses de graines à semer ou encore de délimiter des zones touchées par d’éventuels ravageurs. C’est un gain de temps, en terme décision mais aussi de prévision  ».

De leur côté, les plus terre-à-terre peuvent se tester sur des quiz ou repartir avec une recette locale de saison. Au menu cette semaine : œuf de poule mollet, truite fumée, ou encore velouté de cresson et sa tuile de jambon. Du cresson venu tout droit de Méréville, s’il vous plaît !

Reportage réalisé en collaboration avec Manon Constantini.