« On remarque depuis plusieurs années déjà que les gens qui prennent le train se garent là. De même pour les étudiants de l’université, et les personnes qui travaillent dans les alentours. De ce fait, des clients se sont plaints du manque de place, d’où le retour aux parkings payants« , nous répond-t-on à l’accueil du centre commercial Evry 2. Ce lundi après-midi, c’est par hasard que nous apprenons cette nouvelle. Avérée, traitée et diffusée dans les heures qui suivent, celle-ci a suscité de vives réactions chez bon nombre d’Essonniens. En voici quelques brides : « Excellente façon de faire perdre tous les clients ! Je crois que je n’irai plus, les autres centres commerciaux proposent des stationnements gratuits, c’est plus rentable », glisse une lectrice. « Mouais….bon si ça fait plus de places pour les clients des magasins c’est une bonne chose… mais ça ne résout pas le problème de stationnement pour ceux qui bossent dans le secteur.. pour se garer à Evry c’est galère », souligne un autre.

Fausse mauvaise idée ?

Si toutes les réactions ne sont pas bonnes à prendre, elles relèvent, pour un certain nombre d’entre elles, bien des problématiques. Alors que plusieurs fermetures de magasins sont à signaler depuis quelques années au sein du centre (Darty, Sport Direct.com…), les Galeries Lafayettes mettront fin à leur aventure évryenne en août prochain avant de renaître au sein de Carré Sénart en octobre. Et malgré l’arrivée tonitruante de Primark, il est indéniable que l’attractivité d’Evry 2 en a pris un coup. La clientèle se montre pour le moins intransigeante, et profite de l’émergence des centres commerciaux voisins pour modifier ses habitudes. La concurrence est de plus en plus accrue, Carré Sénart (notre dossier – novembre 2016) ou encore La Croix Blanche pourraient donc être les grands bénéficiaires de ce retour au payant. Evry 2 est par ailleurs le seul centre commercial du secteur à doter ses parkings d’un système tarifaire, Marques Avenue (Corbeil), Carrefour Villabé, Carré Sénart ou encore Belle Epine en sont eux dépourvus.

Rien de bien affolant pour la plupart des commerçants. Au courant depuis début janvier, ils estiment que cela ne devrait pas avoir de retombées négatives pour le centre commercial. « On doit juste donner les documents pour bénéficier de nos places gratuites en tant que commerçants », précise un vendeur des Galeries Lafayette. « Les gens vont râler un peu le temps de la mise en place, mais je ne pense pas que ça pose problème au niveau de la fréquentation. Il y a quand même 3h gratuites », relativise à son tour une vendeuse. Trois heures gratuites en semaine, un libre accès le week-end, pendant les soldes et les jours de fête, le centre a clairement affirmer son objectif : empêcher le stationnement de longue durée aux « non-clients » du centre.

Les premiers touchés, ce seront eux. Travailleurs parisiens, commerçants des alentours et étudiants de l’Université, tous devront trouver une alternative peu évidente. « Je pense que ceux qui se plaignent ne sont ni les commerçants, ni les clients du centre, mais bien ceux qui utilisent le parking du centre commercial pour d’autres raisons », réagit la direction d’Evry 2. Ils sont en effet nombreux à y stationner du matin au soir, pour se rendre dans la capitale, à l’université voisine, ou dans les commerces des rues adjacentes. « On avait été obligé de mettre un système de contrôles avant 9h pendant les travaux (les barrières restaient ouvertes), sinon à 9h le parking était déjà saturé », se souvient par ailleurs le centre.

Un tarif fixé par APRR ?

Où vont-ils donc tous se garer ? Telle est la question. Crescendo, depuis plusieurs années, la municipalité élargie le stationnement payant. Aujourd’hui, aux abords des centres d’intérêts de la capitale de l’Essonne, tout stationnement est devenu payant. Un constat indéniable difficile à assumer financièrement par les salariés, encore plus pour les étudiants. « Ça donne encore moins envie d’aller en cours à Evry. La galère pour se garer jusqu’à la fin de l’année. Et puis vu le prix à la journée c’est n’importe quoi », peste une de nos internautes. Consciente de tous les soucis qu’engendrent ce « contrôle d’accès » aux parkings du centre, la direction estime ne pas en être responsable, rappelant en outre que « les parkings d’Evry 2 sont devenus payants à partir du moment où ceux de la ville sont aussi devenus payants ».*

S’il est assez aisé de comprendre à qui sont adressés ces mots, Evry 2, cœur de la ville, ne pourra pas se dédouaner de la mention « franchissement momentané » visible sur les prospectus distribués, et qui consiste à pénaliser de 2 euros ceux qui traversent le parking uniquement pour gagner du temps. « On s’est rendus compte qu’un certain nombre de personnes traversent le parking à toute bringue. C’est dangereux. Ces parkings sont privés et réservés aux clients », se justifie le centre. Et si cette annonce a dû en faire frémir plus d’un, d’autres préfèrent en rire : « 2€ pour traverser l’Ago…ahahahah ! Ils se sont pris pour l’A14 », blague un de nos lecteurs laissant imaginer que le prix de ce « franchissement momentané » a peut-être été fixé par le célèbre groupe autoroutier APRR.

Bonne ou mauvaise idée, les semaines à venir devraient donner un premier soupçon de réponse. Bien que certains se soient montrés réfractaires à cette mesure, la direction du centre espère des effets positifs sur la fréquentation. « Je pense que ça va faciliter l’accès de nos clients aux commerçants. On fait ça pour garantir le confort des usagers du centre ». L’hôpital sud francilien n’aurait pas dit mieux

*Contactée par nos soins, la mairie n’a pas répondu à nos interrogations.