«  Ici Food Trucks », le panneau installé par la ville d’Orsay donne le ton. Tous les midis, sur cet emplacement situé entre la rue Nicolas Appert et la rue Jean Rostand, un food-truck s’occupe de remplir vos assiettes. Le mardi, c’est au tour de l’équipe de « Une cuisine dans ma rue ». Le binôme, composé de Daniel Guedj et Florian Bédouin, propose une cuisine aussi variée qu’elle n’est alléchante. Poulet caramélisé au miel, butter chicken, cheese naan sandwich, tortillas mexicanas, beignets de poisson, lasagnes de Colin… C’est une véritable cuisine du monde que propose le duo de gourmets, et la liste est encore longue : « On ne se met pas de limites  », explique Daniel. Il est 11 heures. L’heure pour « Dany » de faire cuire les frites et de préparer les beignets de poisson prévus au menu de ce jour. Pour « Flo », l’heure est à l’organisation et aux préparatifs des barquettes d’entrée, composées d’une salade de légumes et de gyozas grillés à la sauce aigre-douce. Tout est prêt pour accueillir la clientèle, plutôt « fidèle  » en règle générale, selon les deux food-truckers.

Après le démarchage des banques, six mois de construction du camion et l’envoi des dossiers aux mairies, l’aventure « Une cuisine dans ma rue » a débuté il y a un petit peu moins de deux ans déjà. À cette époque Daniel, ou « Dany » pour les intimes, exerçait seul dans son camion. Après avoir oeuvré durant 27 ans en qualité de cuisinier dont 17 ans en temps que chef-cuisinier, l’idée du food-truck s’est imposée comme une évidence. Au bout de presque une année d’efforts, « Flo » a rejoint la partie : «  J’ai mangé deux ou trois fois la cuisine de Daniel, puis je lui ai parlé de mon projet », indique Florian. Éducateur spécialisé pendant 10 ans, dont huit ans avec des personnes autistes, Florian souhaitait lui aussi créer son propre food-truck. Daniel lui a alors proposé de le rejoindre : « Je l’ai pris avec moi pour lui montrer tout ce qu’il fallait faire. On ne m’a jamais donné cette chance à moi quand j’ai commencé. Chacun se bat pour son emplacement, ce n’est pas toujours très solidaire et je ne veux pas reproduire ça ». 11h20, les premiers textos de commandes arrivent. Les adeptes de réseaux sociaux et les habitués du food-truck savent qu’un simple message suffit à envoyer la commande ! « Attention, nous ne prenons plus de commandes par téléphone après 12h15  », précise tout de même le binôme.

Ici, pas le temps de s’habituer à la cuisine. Si les clients reviennent volontiers pour rire aux blagues des deux joyeux lurons, ils viennent également satisfaire leur curiosité. Bien que certains plats soient souvent au menu, la majorité des plats présents sur la carte changent tous les deux jours : « Lorsque l’on va faire les courses, les idées sortent de la tête de Daniel. On propose tout ce qui se fait en street food à travers le monde  ». Cuisine du monde, diversité, mélanges de saveurs… Et fraîcheur : «  On fait tout nous-même, même le pain », indique « Flo ». Si les plats semblent déjà presque prêts à l’arrivée du camion à son emplacement, c’est qu’il y a beaucoup de préparations que Daniel fait en amont, chez lui. Comme le pain, notamment, qu’il prépare dans son «  petit labo ». De Paris à Orsay, en passant par Brunoy, la camionnette « Une cuisine dans ma rue » vadrouille chaque semaine à travers l’Île-de-France. Pas de répit pour les deux hommes, si la semaine et le dimanche sont consacrés à la restauration publique, le lundi est réservé aux courses et le samedi à la préparation pour le dimanche au marché à Brunoy.

Avec leur moyenne de cinquante clients par jour environ, les deux hommes se réjouissent de leur activité : « On n’est pas à plaindre », estiment-ils. Les plats proposés garantissent un repas frais et copieux, pour des prix allant de 8 à 12 euros : « Mais généralement, si tu prends la formule entrée/plat/dessert, tu fais la sieste l’après-midi !  », plaisante Florian. « Une cuisine dans ma rue » met non seulement un point d’honneur à fournir des mets de qualité mais aussi à satisfaire sa clientèle. Sans ail, sans sauce, végétarien, halal, viande, poisson… Florian et Daniel prennent soin d’adapter leurs menus selon les goûts. Remplir les estomacs et égayer les journées de chacun avec leur bonne humeur contagieuse, c’est l’objectif, mais pas seulement : « On essaye d’amener de nouveaux produits, de faire découvrir des choses à grignoter aux gens », concluent-ils. Avis aux amateurs de street food et aux chercheurs de bonnes adresses, rendez-vous auprès du camion « Une cuisine dans ma rue » pour une expérience culinaire unique et conviviale !

Pour lire notre article sur la Cuisine Qui Roule #1.