Le temps court mais ses tubes ne prennent pas une ride. Alain Chamfort, véritable star des années 80 a commencé sa carrière musicale en 1966. Après une collaboration avec Claude François, il se tourne vers Serge Gainsbourg et ensemble, ils composent « Manureva » qui sera un véritable succès. Ce n’est pas la première fois qu’il passe dans le département, il s’y arrête souvent sans pour autant y avoir un point de chute. Il sera sur la scène de Brunoy, samedi 25 février pour présenter son dernier album sorti en 2015 « Alain Chamfort », qui ne sera pas le dernier !

Essonne Info : Appréhendez-vous les concerts dans les salles de banlieues de la même manière que lorsque vous vous produisez à Paris ?

Alain Chamfort : Lorsqu’on passe à Paris, nous avons un petit frisson supplémentaire parce que c’est Paris, c’est la capitale, c’est plus observé et les conséquences peuvent être plus importantes, mais on n’oublie vite, car ici ou ailleurs on essaie de faire la même chose. On se comporte de la même manière, c’est la même envie, le même spectacle, la même partage, le même plaisir. Il n’y a aucune différence profonde.

Vous avez célébré vos 50 ans de carrière et vous possédez déjà une dizaine d’albums à votre discographie, qu’est-ce que « Alain Chamfort » a de particulier ?

C’est un disque qui n’était pas prévu contractuellement, je n’avais pas de lien avec une maison de disque. L’album s’est fait grâce à ma rencontre avec Frédéric Lo qui est un réalisateur qui possède son petit studio. Il avait émis l’envie qu’on se rencontre pour voir si nous pouvions collaborer ensemble ce qui s’est fait. Très vite, une fois que nous avions rassembler un certain nombre de chansons, des labels se sont manifestés dont un qui semblait correspondre plus à mes envies. On leur a fournit un album qui s’est fait sans pression et sans attentes. Le suivant que nous sommes en train d’entamer dépend d’un contrat, mais j’aborde tout mes disques de la même manière, qu’ils soient dépendants d’un contrat ou non. Je fais des chansons, j’attend qu’elles me correspondent et qu’elles me représentent le plus justement possible.

Quelle est la chanson de votre répertoire que vous aimez le plus ?

Il y en a plusieurs. Je n’ai pas de chanson préférée car on les fait toutes avec la même intention. Il se trouve que « Manureva » est devenue un gros succès mais au départ je la considérais comme les autres chansons de l’album. On a tous envie que nos chansons plaisent au public sans savoir ce qu’ils attendent. Lorsqu’une chanson rencontre un gros succès on est super content mais c’était pas intentionnel. J’ai cette chance de n’avoir jamais fait une chanson imposée par un directeur artistique ou une maison de disque. Une fois que j’ai eu fini mon contrat avec Claude François, et Sonny, j’ai demandé à avoir une liberté artistique totale. Mais j’aime beaucoup « Palais Royal », « Chasseur d’ivoire », « La nuit dans la Glace ».

Beaucoup trouvent l’inspiration dans la société, est-ce votre cas ?

Je ne fais pas des chansons sociétales, engagées d’un point de vue politique, d’autres le font très bien et je n’ai jamais pensé que c’était mon rôle à travers la chanson. Je préfère les thèmes humains, j’étais plus proche de décortiquer les sentiments amoureux, les relations entre les gens, les problèmes d’introspection, les questionnement existentiels, etc…

Vous avez collaboré avec de grands artistes comme Claude François et Serge Gainsbourg. Pour durer, il faut savoir s’entourer ?
J’ai rencontré Claude François pour lui faire des chansons, je n’avais pas l’idée de chanter à ce moment là. Quand j’ai quitté le contrat que j’avais avec lui, ça m’a libéré de son influence même si elle a été bénéfique pour moi, mais il avait une façon de concevoir qui était pas très proche de la mienne, lui cherchait avant tout le succès. Ensuite, je suis allé au devant de Serge Gainsbourg, on a fait à peu près 3 albums ensemble. Et puis après il a eu son heure de gloire avec une reconnaissance populaire extrêmement importante, il n’était plus trop disponible, puis il a créé Gainsbarre pour pouvoir supporter tout ça, cette nouvelle vie. Je n’étais plus réceptif à Gainsbarre et j’ai alors rencontré Jacques Duval qui m’a accompagné pendant 30 ans. Ce sont des rencontres spontanée mais qui ont toutes eu un impact positif.

Quel regard vous portez sur la scène française actuelle ?

Il y a des choses formidables et d’autres plus médiocres comme à toute époque. J’étais content que Jain remporte la Victoire de la musique, sa proposition est originale. J’aime bien Christine and the Queen aussi car ce sont des artistes qui arrivent avec une vraie proposition. C’est ça que j’aime chez les artistes, lorsqu’ils ont quelque chose de personnel et leur apport va constituer quelque chose d’intéressant dans le paysage musical.

Que peut-on vous souhaiter pour cette tournée ?

Pour l’instant ça se passe plutôt bien. Ce que je souhaite c’est que les gens ressortent de la salle en ayant passé un chouette moment, qu’ils aient entendu de belles chansons et qu’ils repartent avec une appréciation différente de ce qu’ils connaissent de moi, que ce soit renforcé, qu’ils aient compris un peu mieux qui je suis à travers le choix que j’ai fait.