Le journal paraît deux à trois fois par an, et est géré par une équipe d’administrateurs et de quelques dizaines de bénévoles. Si l’on continue avec les chiffres, le Phare c’est aussi 62 numéros, 1791 articles, 12 000 exemplaires et 10 000 euros de subventions (13 000 en 2015) accordées par la mairie. En 2011, le magazine s’est doté d’un site Internet.

Dans les locaux du journal, au sous-sol d’une résidence du centre-ville, l’ambiance est calme. Trois des bénévoles sont présents cet après-midi là. Les murs de la salle de réunion sont couverts d’affiches et de photos. Marie-Odile Charpenet est la rédactrice en chef du Phare depuis six ans, et c’est elle qui nous accueille. « A l’origine, le journal a été créé à la demande des associations, pour pouvoir communiquer. Le journal municipal ne les mettait pas toujours bien en avant, ou réécrivait leurs articles », raconte-t-elle. L’association APEX, qui édite le Phare, naît alors dans un contexte où démocratie participative, comités de quartiers et expression associative battent leur plein. Jusqu’en 2002, la mairie imprime et donne un coup de main pour la maquette. Cette année là, l’association récupère la fabrication de son magazine : seule une subvention municipale pour faire imprimer le Phare est accordée.

« Le Phare, c’est un peu la mémoire de la vie ulissienne depuis 20 ans »

Dans ce contexte, les pages sont réduites et des sacrifices doivent être faits. Plus question d’imprimer des photos en couleur, par exemple. Mais l’esprit et le fonctionnement du journal ne changent pas : « tout le monde peut envoyer ses textes, explique Marie-Odile Charpenet. Le Phare, c’est un peu la mémoire de la vie ulissienne depuis 20 ans. Et c’est loin d’être une ville dortoir ! Bien sûr, on fait attention à tout ce qu’on reçoit, on relit tout. »

Le Phare ne traite pas uniquement des sujets 100 % ulissiens. Des sujets de société, comme l’écologie, la démocratie, les exclusions… y sont souvent abordés. Dans le magazine, il y a aussi des poèmes d’habitants, des communiqués, des interviews. Le tout dans une ligne éditoriale qui semble rayonner de liberté.

« Si on décide de ne pas publier, c’est motivé. Souvent, c’est parce que c’est de quelqu’un qui n’est pas des Ulis, ou que ça parle d’une association qui n’est pas ulissienne. On ne maîtrise pas toujours le contenu d’un numéro, on fait avec ce qui est arrivé. C’est tout le challenge du comité de rédaction ! », précise Pierre Belbenoît, bénévole du Phare. « On a eu affaire à des dossiers chauds : l’évacuation du camp de rom, la construction de la Mosquée qui a connu beaucoup d’épisodes et de ratés… mais chacun a droit à la parole, et on publie les droits de réponse. » Cet ancien biologiste est ulissien depuis 1971. Aux Ulis, il fait partie de ceux qui ont connu le « district urbain », qui préexistait avant la création de la ville, mais où déjà l’esprit associatif et participatif était très présent. « On avait un esprit pionnier. On avait vraiment cette impression de pouvoir participer ». En juin, le journal fêtera ses 20 ans. L’occasion de trinquer à ce pilier de la vie ulissienne, qui ne semble pas près de faire naufrage.