Sinik, à qui la ville « a tout apporté »

Né en 1980, arrivé aux Ulis à l’âge de 4 ans, Thomas Idir alias Sinik est un pur produit de la ville, qu’il évoque très régulièrement dans ses sons. Il a grandi avec ses parents aux Bergères, dans un HLM, et s’oriente en grandissant vers une carrière de footballeur (avec notamment son ami Evra, voir plus bas, ndlr). A 14 ans, il rencontre Diam’s, celle qui deviendra l’une de ses plus proches amies, dans la vie comme dans la musique. Son premier groupe de rap qu’il fonde à 16 ans, l’Amalgame, marque les débuts de la carrière de rappeur du jeune Essonnien. La plupart des ses albums solo (En attendant l’album, La Main sur le coeur, Sang-froid) connaissent un très grand succès. C’est Sang-froid (2006) qui devient son premier disque de platine, avec 300 000 exemplaires vendus. 15 ans de carrière plus tard, Sinik est l’un des artistes rap français qui a vendu le plus de disques : à 1 300 000 albums vendus en six albums studio. Tout ce succès, il le doit en partie aux Ulis, comme il le dit lui-même. Joint par Essonne Info, il détaille : « La ville m’a tout apporté : les gens, les tours, les Bergères… C’est très particulier, les Ulis, si t’analyses le décor. » Depuis, Sinik a « pris beaucoup de recul ». « J’ai déménagé et je suis devenu père de famille. Mais ça reste la ville où j’ai grandi. Mon premier morceau qui est passé à la radio, Une époque formidable, parlait des Ulis. » Les Ulis d’hier, c’est aussi « une mentalité », décrit Sinik : « il n’y avait pas de clans entre couleurs, c’est comme un très grand village. Tout le monde se connaissait. On a tous une espèce de nostalgie. »

Mais pour les 40 ans des Ulis, la place est aussi à une belle vision d’avenir. « C’est vrai que ça fait bizarre aux gens qui ont connu la ville dans les années 80, il n’y a plus de repères, c’est perturbant. Mais c’est pour la refaire en mieux. Elle est plus belle aujourd’hui. »

Diam’s, le diamant essonnien

Elle n’est pas ulissienne à proprement parler, mais la plus célèbre des rappeuses du 9–1 y a grandi comme Sinik, celui qu’elle appelle « mon frère » dans un de leurs titres en commun (Le Même sang). Leur amitié légendaire vaut bien une place dans cette liste. Née à Chypre, la jeune Mélanie Georgiades de son vrai nom arrive en Essonne à l’âge de 13 ans après avoir vécu quelques années à Paris. C’est d’abord à Brunoy que sa famille s’installe, puis à Massy et enfin Orsay, voisine des Ulis. C’est cette époque qui marque sa rencontre avec Sinik, avec qui elle passe son adolescence, et sa confirmation pour l’amour du rap, avec le groupe Posse puis Instances glauques. On ne détaillera pas le succès qu’a connu Diam’s entre 2003 et 2012 : son second album, Brut de femme, est devenu disque d’or et remporte une Victoire de la musique en 2004. Depuis 2009 et son dernier album Enfants du désert, la rappeuse s’est retirée de la vie médiatique et de la musique. En 2012, elle publie son Autobiographie et en 2015, Mélanie, française et musulmane, qui raconte sa conversion et sa nouvelle vie loin des projecteurs, consacrée à sa famille et  à son travail caritatif auprès des orphelins du Mali.

Thierry Henry, le champion du monde made in Les Ulis

Lui aussi aura quarante ans cette année ! Car oui, le célèbre Thierry Henry, l’un des artisans de la fameuse épopée de 1998, fait partie des premiers « vrais » Ulissiens nés dans cette commune. Il est d’ailleurs né tout juste six mois après la création officielle de la ville, soit le 17 août 1977. Et c’est au sein du CO Les Ulis que le tout jeune Thierry Henry va débuter son histoire avec le foot. Après un passage de six ans dans ce club, il rejoindra Palaiseau, ou encore Viry-Châtillon, avant de se faire repérer par l’AS Monaco en 1993. La suite, on la connaît. Il décroche un titre de champion de France avec ce même club en 1997, avant d’étoffer son palmarès de l’autre côté de la Manche. Dans le club d’Arsenal, où l’Ulissien devient le meilleur buteur de l’histoire du club, il glane notamment deux titres de champion d’Angleterre. S’en suivra ensuite un passage au Barça, où là encore les trophées semblent tomber du ciel. Rien que pour l’année 2009, le club en remporte six, dont une nouvelle fois le championnat ou encore la Ligue des Champions qui se refusait alors à notre Essonnien. Que dire également de son parcours en équipe de France ? Outre ses titres de champion du monde (1998) et d’Europe (2000), l’Ulissien a profondément marqué les Bleus en devenant le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe devant Michel Platini avec 51 réalisations. Seule ombre à son tableau, sa main lors du match de barrage face à l’Irlande non sanctionnée, qui nous qualifie pour une coupe du monde qui se traduira par l’un des plus grands scandales du foot français.

Avant de finir sa carrière aux Etats-Unis, Titi n’a pas oublié de remercier sa ville. En effet, en 2009, celui-ci a fait don par le biais de sa fondation de 200 000 euros aux Ulis afin de créer un terrain destiné aux loisirs et à ceux qui souhaitent jouer au foot. Une façon de renvoyer la balle aux siens.

Patrice Evra, celui qui n’oublie pas ses racines

Il est peut-être né à Dakar au Sénégal, mais sa ville, c’est bien celle des Ulis. Patrice Evra, l’arrière-gauche formé lui aussi aux Ulis, a écrit quelques pages du foot français. Après des débuts pros en Italie, il est recruté par l’AS Monaco, comme un certain Thierry Henry. C’est là qu’il participe à la grande épopée des Monégasques en Ligue des Champions sur la saison 2003–2004. Un échec que le Français aura le temps de gommer quelques années plus tard, quand il peut enfin lever la coupe aux grandes oreilles en 2008 avec son club de Manchester United. C’est d’ailleurs la seule fois qu’il la gagnera sur quatre finales. Après cinq titres de champion d’Angleterre et deux titres de champion d’Italie (Juventus Turin), l’homme de 35 ans est revenu jouer dans l’Hexagone à Marseille, sous les ordres d’un autre Essonnien, l’entraîneur Rudi Garcia. En équipe de France, il a presque tout connu. Les moments de joie comme en juillet 2016 où l’équipe de France arrive en finale de son Euro et les moments les plus durs, avec la coupe du monde en Afrique du Sud…

Malgré tout, il n’oublie pas ses racines. « Patrice est un homme qui est très attaché à sa ville. Il vient souvent aux Ulis pour assister à des matches dans les tribunes avec les jeunes du club, affirme Gaye Niakaté, son ami, qui s’occupe de l’association 91 music. « S’il ne joue pas ce jour, il viendra le 13 mai prochain pour un nouvel événement en l’honneur des quarante ans des Ulis ».

Anthony Martial, sur les traces de Henry

Que les Ulissiens se rassurent. Après le départ à la retraite de Thierry Henry, la commune la plus jeune du département bénéficie encore d’un attaquant de classe mondiale. Son nom : Anthony Martial. Dernière pépite formée au CO Les Ulis, le jeune homme de 21 ans affole les compteurs. Passé par Lyon, celui-ci se fait tape dans l’œil des recruteurs mancuniens alors qu’il joue pour Monaco. Finalement, il est transféré à 19 ans vers Manchester United pour la somme astronomique de 80 millions d’euros. Ce qui reste à ce jour, l’un des plus gros transferts de joueurs français. En s’expatriant en Angleterre, il marche doucement sur les pas de son digne prédécesseur Thierry Henry.

Comme son compère de l’équipe de France Patrice Evra, Anthony Martial reste très attaché aux Ulis. « Il est très souvent parmi nous, commente Gaye Niakaté. Avant le début de l’Euro, lui et Evra étaient d’ailleurs venus à la rencontre de leurs fans. C’étaient un grand moment pour tout le monde ».

Daniel Sangouma, le recordman du monde

Le football n’est pas le seul sport où les Ulissiens se sont illustrés. En effet, durant la période des années 1980–1990, l’athlétisme occupait aussi une place de choix aux Ulis. Daniel Sangouma en fut l’un des fers de lance. Licencié au club communal, le Réunionnais de naissance est vite devenu une référence du sprint français et même mondial. En individuel, il récolte les bouquets sur les distances courtes, comme le 100m ou encore le 200m, grâce à sa pointe de vitesse. Ce dernier, va même détenir le record de France sur la distance reine du 100m. Le 29 juin 1990, Daniel Sangouma est à deux doigts de devenir le premier Français sous la barre mythique des 10 secondes. Il échoue à deux centièmes (10’’02), mais qu’importe, le record de France est pour lui. Un record qui tiendra d’ailleurs jusqu’en juillet 2005, date à laquelle un autre homme licencié en Essonne – à Montgeron – s’en emparera. Il s’agit de Ronald Pognon. Mais le sprinteur s’illustre aussi lors des relais. Il remporte notamment une médaille de bronze lors de JO de Séoul en 1988. Mais surtout avec ses acolytes Max Morinière, Bruno Marie-Rose ou encore Jean-Charles Trouabal, un Giffois licencié aux Ulis également, il décroche le record du monde du 4×100m à Split en septembre 1990, avec un temps canon pour l’époque de 37’’79. Un record qu’il gardera pendant près d’un an, avant de se faire égaler puis battre par le relais américain d’un certain Carl Lewis.