Pour le premier épisode de cette série culinaire alléchante, direction Courcouronnes. Il est 10h00. La rue Jean Mermoz est plutôt calme, les voitures sont garées et vides. Sauf une… Juste en face de la société Carrefour, Zoé et Jérémy ont garé leur cuisine ambulante, le Z&J Foodtruck, et l’heure est aux préparatifs ! C’est en novembre 2015 que l’aventure a démarré. Auparavant, Zoé et Jérémy travaillaient tous les deux dans le domaine du tourisme jusqu’à ce qu’ils découvrent le concept du food-truck. Si le projet leur paraissait intéressant, cela n’a pas été de tout repos. De l’idée même du food-truck jusqu’au premier service, près d’une année et demi s’est écoulée : « C’était le parcours du combattant », avoue Jérémy. Auprès des banques, les deux jeunes entrepreneurs se désolent du « jeu du chat et de la souris » auquel ils se sont prêtés : « Lorsqu’on a soumis l’idée du projet, nous n’avions pas d’emplacement, pas de camion, pas de lettres… De plus, nous n’étions pas issus de la restauration. On ne nous faisait pas confiance  », indiquent-ils.

Si le couple se réjouit de l’investissement de la chambre de commerce du Val-de-Marne dans leur projet, de toute l’aide qu’elle leur a apporté pour la phase de création de leur future entreprise, la route a tout de même été semée d’embûches en tous genres. Les organismes de financement étant réticents quant à leur capacité à mener à bien ce projet, les deux jeunes ambitieux ont alors décidé d’acquérir l’expérience au sein de la capitale. Durant plusieurs mois, Zoé et Jérémy ont travaillé d’arrache-pied dans les points de vente à emporter de la Tour Eiffel. Là-bas leur motivation et leur volonté ont été mises à rude épreuve. Après cette expérience qu’ils considèrent comme vivement bénéfique, les secrets propres à la restauration sont passés de la case mystère à celle de l’évidence : « C’est beaucoup de boulot mais ça nous plaît beaucoup et le fait de s’investir pour soi, ça n’a pas de prix ».

Parrainés par un restaurateur du Val-de-Marne Actif Pour l’Initiative, le couple d’entrepreneurs a bénéficié de nombreux conseils et a beaucoup appris d’autres food-trucks et organismes de restauration collective. Si après plus d’une année d’activité, leur motivation est intacte et la bonne humeur toujours au rendez-vous, la cadence reste tout de même très soutenue : « On savait que ça allait être beaucoup de boulot mais on ne s’attendait pas à ce que ce soit si prenant, car au final, c’est du sept jours sur sept », explique Zoé. En plus des journées à rallonge passées à préparer les plats, servir les clients et nettoyer leur camion, le couple déplore la difficulté quant à la recherche d’emplacements : « Dans certaines communes, ils veulent protéger les commerçants locaux. Nous ne sommes pas toujours les bienvenus ».

Qualité, propreté et hygiène au rendez-vous

Pas toujours les bienvenus pour les commerçants du coin ou les élus, mais les habitants et salariés des alentours, eux, accueillent le camion à bras ouverts. C’est le cas notamment de Jean-Philippe, adepte du concept, qui salue le travail du joyeux couple : « C’est toujours excellent !  ». Parce que Z&J Foodtruck, c’est non seulement une promesse de simplicité mais également de qualité : «  On mise beaucoup sur la qualité des produits, la propreté et l’hygiène  ». Z&J Foodtruck, ce sont des burgers, des frites et des desserts faits maison, jusqu’aux sauces présentes dans les préparations. Ici, la viande est fraîche et de qualité, le surgelé n’a pas sa place au sein du véhicule. À chaque client qui s’arrête devant les roues du camion, trois recettes de burgers permanentes seront proposées, plus la suggestion du moment qui change environ tous les mois en fonction des saisons, des envies et des idées des deux jeunes cuisiniers. Les desserts se renouvellent toutes les semaines. Le nombre restreint de mets proposés résulte d’une décision mûrement réfléchie : «  Nous ne sommes pas un restaurant mais un camion, il ne faut pas s’éparpiller car nous ne sommes pas équipés pour cela. Et puis, le burger demande déjà beaucoup de travail. Alors que beaucoup pensent que ce n’est que de l’assemblage, ils ne voient pas le boulot qu’il y a derrière  ». Car si la clientèle voit Zoé et Jérémy s’affairer durant les deux ou trois heures de services, cela ne représente qu’une infime partie de leur quotidien. Levés entre six et sept heures du matin en fonction des emplacements où ils prévoient de s’arrêter, les jeunes entrepreneurs de respectivement 28 et 29 ans ne voient leurs journées s’achever qu’après sept heures du soir, « au plus tôt  ». Tous les midis sur les secteurs du 91 et 92, Zoé et Jérémy sont également sollicités lors d’événements particuliers ou de privatisations par des particuliers ou même des sociétés. Sans oublier que tous les matins, le couple s’en va chercher le bon pain frais, façonné par un artisan boulanger d’Alfortville.

En plus de miser sur la qualité, l’hygiène et la propreté de leurs produits et camions, Zoé et Jérémy mettent un point d’honneur à respecter certaines règles… Et notamment celles évitant le gaspillage alimentaire : « On a choisi le hachoir réfrigéré comme système de production pour pouvoir limiter les pertes de viande  », indique Jérémy. En effet, après avoir acheté leur bloc de viande fraîche, ils déterminent la quantité de production du jour puis hachent la quantité souhaitée directement dans le camion, prête à être préparée puis dégustée : « On limite ainsi la surconsommation de viande et, donc, les pertes. C’est plus économique et ça évite le gâchis ». Avec une gamme de prix allant de huit à onze euros, le couple de cuisiniers ambulant garantit la qualité à un prix tout à fait abordable et, ce, sur fond de convivialité et de gaieté : « On aime discuter avec nos clients, s’intéresser à eux. On crée une sorte de lien et c’est une facette très plaisante du métier ». Concluent Zoé et Jérémy, plein d’entrain et d’espoir pour la suite de leur belle aventure.