Devenir le « soleil levant » de l’université Paris-Saclay : la formule est toute trouvée pour l’université d’Evry ainsi que les écoles situées dans la ville-préfecture de l’Essonne. C’est conjointement que ces établissements d’enseignement supérieur, avec le Genopole et la ville, ont organisé une cérémonie de voeux fin janvier, pour symboliser leur alliance. Car dans le cadre de leur entrée groupée au sein de l’université Paris-Saclay, le « campus d’Evry » comme il s’appelle, compte faire valoir ses atouts à l’intérieur du mastodonte universitaire de Saclay.

Les diplômes délivrés à Evry prennent peu à peu le label ‘Paris-Saclay’, avec un processus en cours depuis maintenant quelques années (lire notre article). Les choses se concrétisent désormais puisque l’université d’Evry ainsi que l’Ensiie qui lui est associée, va intégrer en tant que membre à part entière la Comue, plus connue sous le nom d’Université Paris-Saclay. Le président de celle-ci, Gilles Bloch, confirme que le vote officiel aura lieu le 1er mars prochain en Conseil d’administration, la décision ayant déjà été validée par les membres.

L’intégration d’Evry au sein de la Comue Paris-Saclay, « c’était absolument majeur » confiait récemment le secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et la Recherche Thierry Mandon. Pour les premiers concernés, on se réjouit par avance de cette perspective. A l’image du directeur de Télécom SudParis (déjà membre de la Comue) Christophe Digne, pour qui « la réalité du campus évryen est trop souvent méconnue, avec pourtant une excellence de la recherche en génomique, dans le numérique et un projet majeur sur la santé ». « Evry apportera aussi beaucoup à Saclay, dans l’avenir de la santé humaine et son économie » ajoute pour sa part le président de l’université d’Evry Patrick Curmi, dont les composantes ont déjà des collaborations scientifiques avancées avec des laboratoires du Génopole et des instituts comme le CEA. Des collaborations bilatérales s’ouvrent également pour l’établissement en matière de recherche, comme par exemple avec Polytechnique. Les principaux acteurs de l’UPsy soutenaient ainsi l’intégration d’Evry, à l’image de la présidente de Paris-sud qui appuyait « très fortement » sa candidature.

Se situer dans le périmètre du projet en faisant valoir ses atouts, telle est la volonté des différents acteurs evryens, qui ont bien l’intention de bénéficier de l’aura internationale de l’université Paris-Saclay et son rayonnement futur. Un argument qu’entendent les étudiants, tout en formulant quelques doutes sur cette intégration à Saclay. Pour Quentin Bourgeon, élu étudiant Unef de l’université d’Evry (qui compte 10 000 étudiants), « on nous vend un diplôme reconnu à l’international, qui aura une grande valeur, mais on est tout de même assez inquiets. On ne sait pas trop où on va et les étudiants ont peu d’infos. Il y aura peu de représentativité étudiante dans Saclay, et il y a le risque que certains de nos masters ou filières disparaissent ». Les instances de l’université assurent que les étudiants seront associés au processus d’intégration à Saclay, espérant répondre à leur demande de « garanties ».