Un million deux cent cinquante mille euros. C’est le prix que Promo Gérim a dépensé pour le rachat de ces terrains. Cette société spécialisée dans le secteur de la promotion immobilière de logements va en faire des habitations. Pour le moment l’intégralité du projet n’est pas encore dévoilée mais il s’étendra sur trois anciens terrains, dont celui de l’ancien Palais de Justice de Corbeil-Essonnes. Comme la parcelle appartient au département, la décision n’a donc pas été prise par le conseil municipal mais par le Conseil départemental dirigé par François Durovray. C’est donc lors de la dernière assemblée départementale, le 7 février dernier, que la décision a été adoptée, celle de vendre le tout à la société Promo Gérim. Un choix que la municipalité avait soutenu depuis le début, surtout qu’une partie de la parcelle deviendra un parking public d’environ 350 places. Une nécessité pour la ville comme on l’indique dans l’entourage du maire Jean-Pierre Bechter. « Nous voulions un parking public pour soulager le centre-ville surtout les jours de marché. Maintenant, Promo Gérim va créer des logements et un parking public de 350 places qui verra le jour aux alentours de 2019 normalement ».

Mais cette décision n’est pas au goût de l’opposition qui souhaitait voir la création d’une maison départementale des solidarités comme ce qui était prévu à la base. Elle devait voir le lieu juste derrière l’ancien Palais de Justice, dont il ne reste aujourd’hui que son imposante façade. Cette dernière n’a pas été détruite car elle est classée monument historique. « Ce n’est pourtant pas une surprise vu que c’était dans le programme du maire, souffle-t-on dans l’entourage de Jean-Pierre Bechter. L’ancienne municipalité de gauche, voulait une maison des solidarités, mais l’emplacement n’était pas approprié. Le Conseil départemental l’avait annoncé, mais aucun euro n’avait été prévu ».

Le centre-ville délaissé ?

Le chef de l’opposition au Conseil départemental, David Ros n’a pas caché son mécontentement suite à cette prise de position, « ils ont cédé à la décision de la ville, c’est Corbeil-Essonnes qui décide d’où seront placés les services publics. PMI et MDS étaient destinés aux personnes les plus démunies et à la place ils choisissent de faire des logements ». Cependant, le président du Département François Durovray, a tenté d’apaiser le conflit en essayant de trouver un terrain d’entente : « par principe, le Département n’a pas vocation à s’opposer aux villes. Nous discutons avec Corbeil pour implanter un pôle social départemental et communal sur le terrain de l’ancienne sous-préfecture de Corbeil. Là nous serons plus pertinents ».

Pour Jérôme Brézillon, conseiller municipal d’opposition PS, le parking est une bonne chose, mais il aurait pu être construit de l’autre côté afin de permettre aux services sociaux d’être plus proche du centre-ville et donc plus attrayant pour la population. « La maison des solidarités aurait permis de redynamiser le centre. C’est bien la preuve que la mairie ne veut pas faire bouger son cœur de ville », souligne-t-il. Le terrain acheté par Promo Gérim est situé place Salvandy et le fait d’y construire des logements risque de renfermer le centre de Corbeil sur lui-même, avec moins de commerces et donc moins de vie. « Il faut recentrer les activités pour faire vivre le cœur de ville de la deuxième commune de l’Essonne », déclare Bruno Piriou, conseiller municipal d’opposition PCF. Ce dernier préconise un nouveau plan urbain pour éviter que ces nouveaux logements accentuent le côté « ville-dortoir ».