PLU ; ces trois lettres vont parlent sans doute. En effet, il s’agit de l’acronyme du Plan local d’urbanisme. Vous savez, ce plan qui doit déterminer des règles de constructions applicables à tous les secteurs de la ville. Il touche aussi bien la question de la répartition des logements, de la hauteur des bâtiments, de la diversification des équipements publics, du maintien des espaces verts, de la prise en compte des risques et nuisances… Bref, la liste est longue. Ainsi, ce dernier permet d’accompagner l’évolution de la ville sur le long terme. Et pour le cas de Chilly-Mazarin, il s’agit ici de déterminer le cadre dans lequel sera conçu l’ensemble des aménagements urbains d’ici début 2030.

La commune du Nord du département a entamé il y a maintenant quelques mois les premières études pour faire évoluer ce fameux plan. Fin janvier dernier, alors qu’une première enquête publique est en cours depuis le 20 janvier, et ce, jusqu’au 20 février, la municipalité organisait une réunion publique afin de présenter le diagnostic territorial, première étape dans la révision du PLU. « Nous souhaitons identifier les différents besoins sur ce projet pour les quinze ou vingt prochaines années. C’est l’orientation qu’on veut donner à la ville tout en préservant l’espace économique », présentait alors en propos introductif Jean-Paul Beneytou, le maire de cette commune qui a dépassé la barre des 20 000 habitants. Une réunion publique au cours de laquelle le maire a été quelque peu bousculé par les interventions de certains riverains.

Près de 800 logements construits

« L’un des objectifs du prochain PLU sera de densifier le tissu urbain dans différents quartiers », explique l’édile de Chilly-Mazarin. Directement visé, le secteur qu’occupait il y a peu la société Découflé en plein centre-ville. « La société Découflé nous a indiqué en 2014 qu’elle quittait le territoire, relate Jean-Paul Beneytou. À cet emplacement, nous avons envisagé de construire des logements ». Au total, ce sont près de 500 logements qui devraient voir le jour dans le courant de l’année 2017, assortis de nouveaux équipements et de commerces. La vague évocation de ce projet immobilier provoque ainsi une marée de mains levées dans la salle. « Ne pourrait-on pas créer une pépinière d’entreprises, étant donné qu’il s’agit d’un terrain sur lequel il y a une activité industrielle ? », questionne un Chiroquois. « Le fait que Découflé s’en aille est à prendre comme un nouveau départ pour ce quartier, confie le maire. Le but n’est pas de refaire une zone d’activité, nous avons d’autres quartiers de la commune qui y sont réservés. Étant donné qu’il s’agit de terrains industriels, nous ne pouvons pas y construire de maisons. C’est pourquoi nous avons opté pour des petits immeubles ».

Cette réponse ne convient cependant pas à ce Chiroquois qui reprend. « Chilly-Mazarin est déjà une ville surchargée en terme de trafic. À certaines heures de la journée, c’est difficile d’y circuler et d’y stationner. Alors 500 logements en centre-ville, si on part du principe que la plupart des propriétaires ont deux véhicules, cela sous-entend 1 000 voitures de plus dans nos rues. C’est beaucoup trop ! », clame ce dernier. À ces mots, le maire affirme que chacun des logements sera pourvu d’une place de parking. Sur la question de la circulation, celui-ci ne nie pas l’augmentation du trafic, mais il mise notamment sur l’arrivée prochaine de nouveaux transports en commun. « D’ici la fin de la décennie, le Tram-train Massy-Evry desservira notre commune. Il pourra être pour certains une alternative à la voiture ».

Le maire de Chilly-Mazarin Jean-Paul Beneytou a répondu aux questions de ses administrés (JL/EI)

Le maire de Chilly-Mazarin Jean-Paul Beneytou a répondu aux questions de ses administrés (JL/EI)

Un argument qui ne convainc pas totalement les nombreux Chiroquois venus prendre connaissance de cette première étape concernant la révision du PLU communal. D’autant plus que d’autres projets immobiliers viennent s’adjoindre à celui de l’ancien site Découflé. En effet, le quartier sur lequel était implantée l’ancienne MJC devrait voir naître plus de 240 logements. Idem pour une parcelle située rue Paul Bert qui devrait accueillir 50 autres logements. Au total, plus de 800 logements seront construits dans les prochaines années. « Nous sommes déjà plus de 20 000 habitants, pourquoi devons-nous construire encore et toujours? », lance une femme. « Il s’agit d’une obligation mise en place par le schéma directeur d’Ile-de-France (SDRIF) qui nous demande d’augmenter la densité d’habitats de 15% », assure-t-on dans l’entourage du maire.

Quid des équipements publics ?

Le point sur les nouveaux logements n’est pas le seul à faire réagir la population de Chilly-Mazarin. Celle-ci s’inquiète également quant à l’avenir de certains équipements publics. La question de la piscine communale revient dans de nombreuses bouches. « Page 49 du diagnostic de la ville, il est écrit que ‘’la piscine est vieillissante’’ et qu’elle va être ‘’détruite’’. Si cela se confirme, c’est un drame pour les usagers qui la fréquentent et qui ne peuvent aller dans une autre ville ». À cette crainte, le maire nuance les propos mentionnés dans le rapport. « Ah bon, il est écrit cela ?, s’interroge ce dernier. Je tiens à rectifier. Il n’est pas encore question de la détruire, c’est juste une possibilité ». La municipalité développe tout de même l’idée de créer une nouvelle piscine, mais cette fois-ci, à l’échelon intercommunal. « La piscine de Longjumeau et vieillissante comme la nôtre. Donc soit on ferme ces deux piscines pour en construire une autre. Soit, on fait les réparations chaque année. Pour Longjumeau, ça a coûté 500 000 euros », rapporte Jean-Paul Beneytou.

Ce discours passe mal encore une fois auprès de la population qui se préoccupe aussi sur le futur de son cinéma, le François Truffaut. À ce sujet, le maire de Chilly-Mazarin tient à clarifier les choses. « Il y a des rumeurs qui disent que je supprimerais le cinéma. C’est faux. Nous allons même faire l’inverse, car nous investirons encore plus d’argent pour qu’il y ait encore plus de confort. L’objectif est qu’il puisse prendre encore plus d’ampleur qu’il n’en a aujourd’hui ».

Ainsi, cette réunion publique ne fut pas une soirée de tout repos pour le maire. « Il procède à l’envers, tacle Rafika Rezgui, son opposante et ancienne maire. Il présente des projets qu’il a déjà arrêté qui ne sont pas forcément la résultante des réunions auxquelles il a pris part. On ne traite pas des questions aussi importantes que l’urbanisme sur un coin de table ». L’enquête publique se poursuit à ce sujet et le commissaire enquêteur recevra d’ailleurs ceux qui le souhaitent ce jeudi 9 février de 14h30 à 17h30 dans la salle du conseil. Un dernier accueil sera organisé le lundi 20 février même lieu, même horaire. Celle-ci marquera la fin de la première phase de la modification du PLU. Les autres risquent d’être animées également…