La visite de François Fillon était fermement attendue. Pour autant, l’ambiance qui régnait au 3 rue Lefèvre-Utile à Athis-Mons ce mercredi avait un goût de révolte. Devant les grilles du centre de surveillance urbaine (CSU) de la ville, un comité d’accueil assez spécial attendait le vainqueur de la primaire. Une quinzaine de militants Front de Gauche et des citoyens brandissaient des panneaux et hurlaient des slogans faisant référence à ce que l’on nomme déjà sur les réseaux sociaux le « PenelopeGate » : « Remboursez l’argent de nos impôts », « L’impunité zéro doit être la règle » ou encore « Le vol Fillon = 160 années de RSA ». Les manifestants se sont même autorisé une touche d’humour grinçant sur quelques affiches. Il est 17h10, les « Insoumis », militants mélenchonistes, sont dehors depuis plus d’une heure déjà. 17h20, le bal des voitures débute et les élus arrivent un à un. Eric Mehlhorn, le maire de Savigny-sur-Orge, le sénateur-maire de Massy Vincent Delahaye (UDI), Christine Rodier, maire d’Athis-Mons, mais aussi Jean-Marie Vilain (UDI), maire de Viry-Châtillon se sont rendus sur les lieux pour accompagner le candidat LR lors de sa visite. Un chant des manifestants reprend de plus belle, au rythme du fracas des cuillères qu’ils font taper sur des casseroles : « Fillon, t’es cuit, t’as trop de casseroles ».

La voiture grise du tant attendu François Fillon s’engage dans la rue à sens unique. Un arrêt imprévu du véhicule s’effectue devant la première entrée du centre de surveillance urbaine : les manifestants bloquent le passage. Une grande banderole « Je vote, ils dégagent » barre la route. La sécurité s’occupe de répartir les militants sur les trottoirs. La voiture reprend son chemin jusqu’à la seconde entrée de l’établissement. Assis à l’arrière, derrière des vitres teintées, François Fillon n’aura exprimé aucune réaction visible quant à la situation. La voiture pénètre sur le parking du centre, les fonctionnaires de police barrent le chemin aux militants, qui hurlent le mot « voyou » à de nombreuses reprises à l’encontre de l’élu. Engouffré dans le bâtiment, François Fillon n’aura prêté aucune attention à ses contestataires. Face aux forces de l’ordre, le candidat s’est montré ferme et déterminé : « On doit pouvoir sanctionner les délinquants dans des délais plus courts avec une chaîne pénale plus efficace », a-t-il indiqué. Dans le même temps, il a tenu à rassurer les fonctionnaires quant à la teneur de leurs potentielles futures responsabilités : « Les policiers municipaux doivent pouvoir être systématiquement armés, pouvoir effectuer des contrôles d’identité ». Entouré de plusieurs élus des communes environnantes, l’ancien Premier ministre a annoncé son souhait de «  faire du maire le maillon central de la sécurité publique en renforçant les pouvoirs de la police municipale  ».

Pour Mounia Benaili, militante du Parti de gauche et référente de la France Insoumise sur le département, la présence des manifestants dont elle fait partie était une évidence : « Le déplacement fait suite aux événements à Juvisy (où un quartier a été ravagé par une bande). Pourtant, ils agissent (François Fillon et les élus) eux-mêmes comme une bande ! Le maire de Juvisy-sur-Orge, Robin Reda, demandait l’impunité zéro pour les bandes de quartier concernées, pourtant il accueille François Fillon normalement  », a-t-elle déploré, avant d’ajouter : « Nous sommes là pour dire à Monsieur Fillon qu’il faut prendre ses cliques et ses claques, qu’il faut partir et rembourser  ». Aux côtés de Robin Reda, le maire de Juvisy-sur-Orge et de Valérie Pécresse, Présidente de la région Ile-de-France, tout deux également présents lors de la visite, François Fillon a annoncé sa volonté de renforcer les moyens autour de la question sécuritaire. Après des excuses formulées lors d’un meeting ce lundi, une lettre aux Français rédigée dans un journal local et divers déplacements dans l’Hexagone, le candidat LR à la présidentielle a désormais lancé « sa nouvelle campagne » qui débute par une grande opération de reconquête des Français.