« Comme vous le voyez, le conseil municipal n’est pas dissout, la ville n’est pas non plus mise sous tutelle. L’équipe municipale continue simplement son travail ». Par ces mots, Philippe Hamon qui est techniquement maire de Longpont-sur-Orge jusqu’à la mi-mars, date des élections municipales anticipées, annonce la couleur. En effet, le 1er février dernier, les conseillers municipaux « survivants » de cette mandature étaient attendus en mairie pour assister au premier conseil municipal de l’année. La salle se remplit peu à peu, à l’inverse des chaises des élus qui restent pour certaines désespérément vides. 20h30, la séance commence avec moins de vingt membres autour de la table sur les 29 que doit compter en temps normal le conseil municipal. « A combien est fixé le quorum », lance alors Delphine Antonetti, membre de l’opposition, à destination du maire. « Il faut prendre la moitié des membres élus et en rajouter un. Cela donne dix personnes, et ce soir nous les avons », répond ainsi Philippe Hamon, alors entouré de 17 autres élus.

Et le quorum était plus que nécessaire pour permettre aux élus de délibérer sur les points présents à l’ordre du jour. Car outre l’acquisition ou la session de terrains communaux, les membres du conseil devaient débattre sur des thématiques assez techniques, comme le rapport d’orientation budgétaire. Un avant-goût de la campagne électorale pour une partie des listes qui s’affronteront aux urnes les 12 et 19 mars prochains.

Longpont de retour à la « case élections »

Le maire annonce une baisse des impôts

Après avoir installé un rétroprojecteur afin que le public nombreux puisse lui aussi voir les différents graphiques, courbes ou autres projections, l’adjointe en charge des finances donne le ton. « Notre but est de redonner des marges de manœuvre à la commune avec une politique de désendettement », indique Christelle Pouliquen. « Il faut savoir que quelques jours après mon élection, nous avons découvert plus de 700 000 euros de factures impayées et 450 000 euros rien que pour le fonctionnement. Nous étions en cessation de paiement », rappelle le maire qui en profite pour tacler une fois encore la gestion de la précédente majorité et le projet qui serait à l’origine de cette mauvaise santé financière. « On finance une école sur 20 ans et pas sur 3 ans », lance ainsi ce dernier, faisant référence à la construction du groupe scolaire Jean-Ferrat. « Ce sont vos choix qui vous ont conduits dans cette impasse », rétorque à plusieurs reprises Delphine Antonetti, l’ancienne maire de la commune.

Après deux premières années de mandat difficiles, dont une marquée par l’intervention de la Chambre régionale des comptes qui a imposé une augmentation des taux d’imposition de 24%, la majorité se veut rassurante et optimiste pour 2017. L’objectif annoncé est ainsi de maintenir les dépenses de fonctionnement, avoir recours à l’autofinancement pour réaliser les dépenses d’équipements sans nouveaux emprunts et surtout, de baisser les impôts de 5% dès cette année. « C’est vraiment envisageable dès cette année », certifie l’adjointe en charge des finances, présentant un excédent budgétaire obtenu par la commune de plus de 1,4 million d’euros. « C’est notamment l’objet de 900 000 euros de cessions de terrains », ajoute Philippe Hamon. Mais ce ne serait pas tout. Selon le maire, la livraison prochaine de près de 274 logements sur la commune pourrait permettre une nouvelle diminution des taux d’imposition de 10% d’ici 2019. « Le volume que ces nouveaux habitants dégageraient est estimé à environ 410 000 euros », assure ce dernier.

Une manœuvre politique ?

Des promesses qui ne passent pas pour l’opposition qui siège encore au conseil. « Avec ces augmentations d’impôts, vous saignez les Longipontains ! Sur l’excédent dégagé, 1 million d’euros sont sortis de vos poches ! », tonne Delphine Antonetti en direction des Longipontains assis dans la salle dont une partie réclame un retour à l’ancienne situation. « Vous savez, ce n’est pas mon équipe qui a fixé ces taux, mais la Chambre régionale des comptes. Nous n’avions pas le choix », répond le maire. « Une augmentation de 10% des taux d’imposition suffisait amplement pour retrouver l’équilibre », renchérit Delphine Antonetti.

Cette dernière, qui figure sur une liste de rassemblement citoyen intitulée Servir Longpont aux côtés du tête de liste Jean Jacquin s’inquiète de ce qui peut se produire dans les semaines qui précèdent les élections. « Vu comme nous sommes partis, le budget sera voté avant les élections. C’est un moyen de pression politique. Si Philippe Hamon est réélu, il pourra poursuivre son cap. A l’inverse, s’il perd, ce budget sera un cadeau empoisonné pour la nouvelle majorité ». Du côté de son ancien collègue de l’opposition, Alain Lamour, démissionnaire du conseil municipal à l’automne et tête de liste du groupe Ensemble pour Longpont, « la municipalité en place tente un coup ». « Procéder à une baisse des impôts dès cette année risquerait d’entraîner la commune dans une situation encore plus difficile qu’aujourd’hui », explique celui qui prône un retour progressif à la normale d’ici trois ans s’il est élu. Pour sa part, Patrick Gamache, l’ancien maire adjoint en charge des finances et actuel tête de liste de Longpont c’est vous n’y va pas par quatre chemins. Selon lui, il faut nuancer le résultat de l’excédent. « Légèrement plus d’un million de cet excédent servira à combler le déficit. Avec le restant, le budget passe tout juste », annonce ce dernier avant de rappeler que les discussions sur le budget « n’étaient que des débats de chiffonniers, alors qu’ils sont tous responsables de la situation. Personne ne veut assumer, c’est honteux ».

Quatre listes dans les strating-blocks

Mais avant de voter ce budget d’ici mi-mars, la Chambre régionale des comptes doit encore jeter un œil aux comptes de la commune. « Ça pourrait prendre quelques temps et donc décaler le vote du budget et le reporter après les élections », indique Alain Lamour. Du côté de la majorité, on confirme bien que les comptes doivent être étudiés, mais on se laisse la possibilité de voter le budget avant les élections. « La commune ne va pas s’arrêter de vivre même s’il y a des élections de programmées », commente à ce sujet Philippe Hamon. Nous devrions y voir plus clair d’ici la fin du mois.

Notre dossier sur Longpont-sur-Orge