Les librairies se font de plus en plus rares au fil du temps dans le sud-Essonne… Si certains sondages annoncent que les Français lisent de moins en moins, les livres trouvent tout de même toujours leur place au sein des foyers de l’Hexagone. Pour autant, les nouvelles technologies et l’e-commerce ayant pris considérablement le pas sur les bonnes vieilles emplettes en librairie, les bouquinistes sont en voie de disparition. Le seul moyen de survie pour les libraires indépendants reste encore de se diversifier. C’est justement ce qu’a choisi de faire Delphine Saintemarie grâce à sa librairie ambulante. Au volant de son futur camion aménagé, la blogueuse littéraire projette de sillonner quelques villages franciliens, et notamment ceux de l’Essonne : « Le projet, c’est de ramener la culture dans les villages, surtout en milieu rural comme le sud-Essonne où il n’y a plus de libraires. Ramener la librairie dans les villages et recréer du lien social, voilà l’idée ».

Le camion-librairie promet son lot de découvertes. Différents villages accueilleront sur leurs places principales Delphine Saintemarie et ses précieux conseils, à la manière du marchand de pain à l’époque. Elle-même habitante d’une commune essonnienne, la jeune femme déplore le manque de bouquinistes dans le coin : « Pour trouver un livre, il faut prendre la voiture, ce n’est pas toujours à côté et ce n’est pas pratique. Je pense qu’il y a des personnes isolées donc je me suis demandée comment nous pourrions faire pour amener ce métier dans les villages sans forcément avoir un local », indique-t-elle. À ce jour, le calendrier est planifié. Le mercredi à Itteville, le samedi à Etampes et le dimanche à Ballancourt, les Essonniens se verront proposer une belle palette de livres divers. La tournée de l’Essonne pourrait bien passer par Angerville le vendredi, selon la décision de la commune qu’attend encore Delphine Saintemarie.

Une journée consacrée aux animations

L’activité de libraire n’est pas foncièrement rentable et les financements pour ce type de projets s’avèrent très longs. L’idée d’un financement participatif s’est alors imposée comme une évidence pour la jeune femme. Avec les 3 500 euros collectés, la campagne de communication autour du lancement a pu être lancée : « J’ai lancé la création du logo dans un premier temps. Je commence à recevoir quelques idées », indique la porteuse du projet. Outre les donateurs d’Ulule, la plateforme de collecte, les financements bancaires pourront servir à obtenir le fameux camion, l’aménager et financer notamment le stock de livres. La première tournée est alors prévue pour le 15 août 2017, à l’occasion de la rentrée littéraire et de la rentrée des classes. Vente de livres, oui, mais pas seulement ! Durant les semaines de tournée littéraire, Delphine Saintemarie prévoit de consacrer une journée à l’animation, aussi bien en milieu scolaire que dans des établissements accueillants des personnes âgées. Clubs de lecture, rencontres d’auteurs, ateliers autour du livre… «  J’ai déjà quelques pistes et comme je suis blogueuse littéraire, j’ai quelques contacts qui sont d’accord pour intervenir », se réjouit-elle.

Dans le camion-librairie, il y en aura pour tous les goûts. Des grands classiques de lecture, « sans systématiquement tomber dans la littérature type Zola », aux best-sellers jusqu’aux grands noms du secteur, Delphine Saintemarie proposera une gamme de livres personnalisée selon les goûts et les envies : « Je vais proposer des petites pépites que je dénicherai, qui ne viennent pas forcément de grandes maisons d’édition. J’aimerais mettre en avant les petites maisons d’édition, qui font un travail extraordinaire. L’objectif, c’est vraiment d’essayer de proposer un assortiment de livres, du plus connu au plus rare ». Si le projet a été bien accueilli par les élus des communes où compte passer le book-truck, les habitants ont eux aussi salué la belle initiative : « J’ai reçu des messages d’encouragement. Il y a un réel besoin, une vraie demande en milieu rural », affirme-t-elle.

À l’heure où l’achat sur la Toile représente plus de la moitié des parts du marché de l’édition, Delphine Saintemarie déplore l’absence de conseils et d’échanges : « En librairie, on partage un petit bout de chemin, ne serait-ce que 5 minutes, ça égaille la journée de chacun et c’est ça qui manque ». Voilà qui est dit. Rendez-vous le 15 août prochain pour une tournée littéraire réjouissante !