En visite dans un commissariat Marseillais et après l’éviction de Dominique Strauss-Kahn, le député-maire d’Évry tente de relancer sa candidature à la primaire socialiste. En endossant les habits sécuritaires de la gauche, Manuel Valls ne viserait-il pas le ministère de l’intérieur ?

Avec un timing parfait, la ville d’Evry lançait en janvier une campagne d’affichage sur sa police municipale. Ce juste avant la parution du dernier livre de son Maire (PS), Manuel Valls, sur le thème de la Sécurité.


Manuel Valls était en déplacement lundi à Marseille. A l’invitation de Patrick Mennucci, le président du groupe socialiste au Conseil municipal de la cité phocéenne, le député de l’Essonne est allé à la rencontre des quartiers populaires, visiter un commissariat, dédicacer son dernier livre (Sécurité : la gauche peut tous changer) et participer à une réunion publique sur le thème de la sécurité.

Manuel Valls soutient l’armement des policiers municipaux

« Sur la sécurité, je pense être capable d’apporter ces réponses pragmatique », déclare Manuel Valls, depuis un quartier populaire de Marseille. Une phrase qui prend tout son sens dans la perspective d’une victoire de la gauche lors de l’élection présidentielle de 2012. Et si finalement, le député de l’Essonne et maire d’Évry ne cherchait-il pas à poser ses bagages place Beauvau ?

Se défendant d’être « capable de les apporter sur d’autres sujets », les réponses de Manuel Valls dans le débat sur la sécurité sont tranchées. Prenant en exemple sa politique municipale, le maire d’Évry déclare devant la presse, que sa ville dispose d’une « police municipale armée qui travaille 24h/24 et ça se passe bien parce qu’il y a une répartition des tâches entre la police nationale qui assure les tâches régaliennes et la police municipale qui est dans le rapport de proximité avec les habitants ».

Une situation qui trancherait, selon Manuel Valls, avec ce que vivent au quotidien les marseillais, avec un « manque d’effectifs de police, une police municipale qui n’est pas à la hauteur des enjeux, pas de vision, pas de politique globale. » Il s’agit d’un « sacré bilan quand même pour un président de la République qui, après avoir été ministre de l’Intérieur, devait résoudre le problème de la sécurité. Marseille je crois, est l’illustration pleine et entière de cet extraordinaire échec » lance le député essonnien à l’encontre de la politique menée par Nicolas Sarkozy depuis 2002.

Interrogé sur sa candidature à l’investiture de sa formation, Manuel Valls se déclare « inquiet d’une primaire qui ressemblerait à un congrès du Parti Socialiste et d’un affrontement dont on ne voit pas bien le sens entre Martine Aubry et François Hollande ». Le député et maire d’Évry devrait annoncer prochainement son retour dans la course à la présidentielle. Sa participation à la primaire ne serait-elle pas une manière d’établir un rapport de force, afin d’obtenir le portefeuille ministériel de l’intérieur ?