« Urgences en colère, patients en danger !  », le slogan de manifestation résonne sur la place Bretten de Longjumeau. L’ambiance sonore de la grève du jour donne le ton : l’équipe paramédicale de l’hôpital de la commune est venue taper du poing sur la table et les réclamations sont claires : « On revendique des postes supplémentaires pour les urgences, une infirmière pour la nuit et un aide-soignant 24h/24 et 365 jours par an  », indique Philippe Larquier, représentant syndical SUD-santé de l’hôpital de Longjumeau. Si le personnel soignant des établissements hospitaliers tire la sonnette d’alarme depuis un certain temps déjà, l’épidémie de grippe que subit l’Hexagone n’a fait que renforcer l’inquiétude : les urgences sont tendues et mal en point.

L’équipe soignante de Longjumeau en grève ce mercredi matin dénonce un réel problème quant à la surveillance des patients : « Avec l’afflux de patients et le nombre de passage qui augmente de pratiquement 8% chaque année, sans pour autant que le personnel augmente, nous avons de plus en plus de mal à ce que les patients soient en sécurité ». En effet, un personnel pressé par le temps et par la quantité de travail combiné à une augmentation de la fréquentation des services d’urgences, ça ne fait évidemment pas bon ménage. Des urgences malades qui ne demandent qu’à être prises en charge, c’est le principal problème mais ce n’est désormais plus le seul. Depuis qu’il a été annoncé, le projet de regroupement hospitalier prévu à Saclay divise. La fusion des hôpitaux de Juvisy-sur-Orge, Orsay et Longjumeau soulève de nombreuses questions auprès des soignants. Si la ville d’Orsay va se séparer de 15 lits de chirurgie au cours des deux prochaines années, pour la commune en grève, le site hospitalier va subir la fermeture progressive de 30 lits d’ici à 2020 : « Cela va provoquer un engorgement des urgences encore plus prononcé et encore plus de difficultés pour les personnes qui y travaillent  », se désole Philippe Larquier.

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Depuis 9h du matin, l’équipe paramédicale de Longjumeau arpente les allées du marché de la ville, en quête de soutien. Le personnel est là pour faire prendre conscience, pour diffuser l’information, pour tenter de soigner la gangrène inquiétante qui contamine les services hospitaliers : «  Il faut faire comprendre aux gens que les conditions de travail dans lesquelles nous sommes actuellement les affectent aussi au niveau de l’accueil et de la sécurité  », indique les soignants qui se désolent de ne « pas pouvoir être à l’écoute de tout le monde à cause notamment du manque de personnel  ». Cette manifestation survient à la suite de plusieurs courriers restés à ce jour sans réponse de la part de la direction. La seconde étape, le mouvement de contestation public, semble alors s’être imposée comme une évidence. En plus de crier sa colère, l’équipe paramédicale de Longjumeau a choisi de défendre ses intérêts auprès de la population locale à l’aide d’une pétition. De son côté, Guillaume Wasmer, le directeur des hôpitaux et initiateur du projet de fusion évoquait il y a peu lors de ses voeux au personnel que « si on passe cette année 2017, l’avenir est assuré », résume-t-il, conscient qu’il pourrait y avoir « quelques zones de turbulences ».