Un livre, quinze médias, une nouvelle expérience de lecture : c’est ce que vous propose Marc Frachet avec Incarnatis. Si la lecture est synonyme de plaisir pour beaucoup de personnes, elle fait l’objet d’une terrible aversion quasi-instinctive pour bon nombre d’autres. Manque de temps ou de patience, nombreux sont ceux qui entament un livre sans parvenir à le terminer. Et si tout cela n’était que de l’histoire ancienne ? Incarnatis, c’est un livre qui se découvre également à l’aide de son smartphone. Exit les liseuses et autres gadgets de ce genre, Marc Frachet a mis au point un tout autre projet, qui s’avère être le premier roman interactif et transmédias en Essonne. Pour compléter au mieux l’outil et l’optimiser, Marc Frachet a fait appel à la solidarité de chacun en lançant une campagne de financement participative à la fin de l’année 2013. Une idée lumineuse puisque 8 000 euros ont pu être récoltés en deux mois seulement.

Incarnatis, le retour d’Ethelior, c’est le premier tome d’une trilogie. Les 280 pages de récit que contient le livre cachent quelques secrets, aussi bien dans l’histoire que dans sa composition matérielle. En effet, au fil des pages, vous pourrez découvrir une expérience innovante en réalité augmentée. Au détour des chapitres, des médias bonus, qui apportent un plus à l’histoire, sont proposés : il y a six récits audio, quatre musiques, quatre illustrations et deux artefacts. L’idée a muri dans le cerveau de Marc Frachet lorsqu’il n’avait que 17 ans, à l’époque, internet et autres technologies actuelles n’existant pas, l’idée était d’assembler plusieurs projets de natures différentes, à savoir un jeu de rôle, une bande dessinée, un roman et des musiques. Ce n’est qu’en 2010 que l’auteur s’est replongé dans son travail de jeunesse. Le prototype d’autrefois est alors réadapté en livre, sans pour autant parvenir au résultat escompté : « A ce moment-là, je ne savais pas comment introduire les musiques et les divers autres bonus. Puis, en 2011, j’ai découvert les QR codes. J’ai eu un déclic », raconte-t-il. Marc Frachet, avec l’aide d’autres collaborateurs, entreprend alors de créer sa propre maison d’édition, afin de maîtriser le projet et sa portée : « A travers Incarnatis, qui se déclinera en trilogie mais aussi à travers d’autres réalisations, il y a l’idée de mettre en place des outils et d’en faire notre vitrine pour développer d’autres projets transmédias  », explique le porteur du projet.

conçu « comme un film à voir en famille »

14 000 exemplaires actuellement en circulation, plus de 50 000 « j’aime » sur Facebook, des commentaires et notes élogieuses sur le site de vente Amazon… Incarnatis étend sa notoriété grandissante auprès des divers supports que la Toile peut offrir. Le livre s’offre même une couverture médiatique de plus en plus large au fil du temps. Pour Thomas, habitant de Rambouillet de 37 ans, ce livre est un «  petit bijou, grâce aux médias additionnels qui apportent un vrai plus ». Roman que ce dernier n’a pas hésité à mettre dans les mains de son fils de 12 ans, Baptiste, un grand adepte de l’univers fantastique. Si le côté novateur de la méthode de transmédialité en elle-même apporte une plus-value, le roman Incarnatis « Le retour d’Ethelior » doit aussi ses critiques dithyrambiques à la qualité du travail fourni. En effet, si l’histoire promet de nombreux rebondissements, vous serez aussi certainement surpris d’entendre les voix françaises d’Eva Longoria ou encore de Morgan Freeman venir appuyer la narration. Pour les illustrations, Marc Frachet s’est offert les services d’Etienne Le Roux, un dessinateur français de bande dessinée avec plusieurs oeuvres à son actif. Des musiques symphoniques et orchestrales, avec un vrai travail de composition, font également vivre le roman. Incarnatis contient même l’enregistrement d’une chorale essonnienne, La Brénadienne à Brunoy.

Marc Frachet le dit lui-même, Incarnatis a été conçu « comme un film à voir en famille ». Le roman attire un public hétéroclite et trouve parfaitement son équilibre : « Il y a deux niveaux de lecture. Tout le monde y retrouve ce qu’il aime, les plus jeunes et les moins jeunes », explique-t-il, avant d’ajouter : « C’est une grande histoire divertissement, conçue comme un blockbuster de cinéma ». En effet, si le bien et le mal s’affrontent durant toutes les pages du roman, l’histoire et le concept ne peuvent se résumer à cela : « L’idée, c’était de lier la fiction et la réalité, établir des liens entre l’imaginaire et le réel et, en même temps, de créer des ponts entre les différents arts ». Patience. Si les tomes 2 et 3 n’arriveront pas avant un certain temps, au plus tard 2019, ils promettent de nouvelles expériences encore plus étonnantes et jubilatoires !