Les échéances électorales de 2017 se rapprochent, et à droite, le candidat François Fillon vient d’adouber une première salve de candidats pour son parti Les Républicains, qui concourront pour les législatives du mois de juin. Sur les 10 circonscriptions de l’Essonne, le parti compte deux députés sortants, la gauche sept, tandis qu’une circonscription est détenue par le maire de Yerres (DLF) Nicolas Dupont-Aignan. Après plusieurs tractations, l’attente de la primaire de droite de l’automne, ainsi que les premières négociations avec ses alliés, LR officialise ses premiers prétendants. Si un accord devrait se conclure avec l’UDI, le parti centriste avance toujours ses propres pions dans le Département. Six candidats sont investis (3e, 5e, 6e, 7e, 9e, 10e circonscriptions) et « à ce jour, les négociations tant sur la plate-forme gouvernementale et le projet de mandature, que sur les investitures n’ont pas encore abouti entre nos deux formations politiques » indique Jean-Philippe Dugoin-Clément, le président de la fédération UDI dans un communiqué.

Marlin repart pour un tour

Le maire de Mennecy précise que sans accord avec LR, son parti a « vocation à investir de nouveaux candidats ». Sauf sur la circonscription du grand sud du département, car « il s’agit d’un sortant, et qu’à titre personnel, je me suis engagé à le soutenir dans une circonscription où le FN espère faire un très gros score ». Le député de 2ème circonscription de l’Essonne et maire d’Etampes Franck Marlin est ainsi candidat à sa succession, comme attendu. Député depuis 1995, il va tenter de se faire élire une cinquième fois à l’Assemblée nationale, sur ces terres où la droite sort régulièrement majoritaire.

NKM adoube Sandrine Gelot

Son nom sortait depuis plusieurs mois dans les possibilités de candidature pour remplacer la député UMP sortante, Nathalie Kosciusko-Morizet. C’est désormais confirmé, Sandrine Gelot, qui a remplacé l’ex-ministre et prétendante à la primaire de droite (2,6%) à la mairie de Longjumeau en 2013, va tenter de lui succéder au poste de députée de la 4ème circonscription de l’Essonne, qui comprend Montlhéry et Limours. Vendredi soir lors de sa cérémonie de voeux comme maire, Sandrine Gelot ne souhaitait « pas trop se projeter » sur la campagne des législatives, préférant évoquer son rôle à Longjumeau ainsi que ses autres mandats où elle se dit « dans l’action ». Candidat affiché face à elle, le maire de Janvry Christian Schoettl (UDI), qui se présente sans parti, se déclare ironiquement « très content » de sa candidature, en soulignant d’emblée « son grand nombre de mandats ». Sur cette question du cumul – outre ses fonctions de maire elle est vice-présidente au Conseil départemental ainsi qu’à l’agglo CPS – Sandrine Gelot bote pour le moment en touche : « on verra comment ça va s’envisager » commente-t-elle pour le moment. Elle bénéficie en tout cas du soutien entier de Nathalie Kosciusko-Morizet, venue la soutenir lors des voeux : « je la soutiens sans réserve, elle a le niveau et les compétences » indique l’ancienne ministre à Essonne Info.

Qui osera défier NDA ?

Le parti Les Républicains n’a en revanche pas investi de candidat sur la 8ème circonscription de l’Essonne, dont le député depuis 1997 et probable candidat à sa succession est le maire de Yerres Nicolas Dupont-Aignan. En 2012, l’ancien maire de Brunoy Laurent Béteille s’y était collé pour un maigre résultat (9,52%). Député depuis 1997, il est régulièrement réélu à plus de 60% de voix. Cette année, aucun des maires concernés (Vigneux, Montgeron, Brunoy, Crosne) n’a montré l’envie de se présenter, ce qui laisse dire à certains que LR pourrait ménager le candidat de Debout la France à la présidentielle. Ce que l’intéressé commente : « sûrement pas, c’est totalement faux ».

Tron laisse la place pour cause de « non-cumul »

Il l’a annoncé lors des voeux de sa commune de Draveil. L’ancien ministre Georges Tron ne se représente pas au poste de député de la neuvième circonscription (Ris-Orangis, Epinay-sous-Sénart). Thierry Mandon y avait été élu en 2012 puis avait laissé son siège à Romain Colas (lire notre article). « François Fillon ne reviendra pas sur la loi du non-cumul » constate Georges Tron, qui décide de se consacrer plutôt à ses mandats locaux : « nous sommes à mi-mandat à Draveil avec des chantiers lourds, l’intercommunalité, les transferts de charges ». Ancienne conseillère régionale d’Ile-de-France et candidate en 2002 aux législatives, c’est Véronique Carantois qui va reprendre le flambeau au nom de LR. « Un très bon choix auquel j’ai participé » commente le maire de Draveil. Malgré le « contexte difficile » lié à son renvoi aux assises, il assure que sa décision de ne pas se représenter n’a « aucun lien » avec le procès à venir.

De jeunes élus pour aller plus haut

Les Républicains investissent également plusieurs élus récemment pourvus de mandats locaux, qui vont tenter de garnir les rangs de l’Assemblée du côté de la droite, face à des sortants de gauche. Le maire de Juvisy élu en 2014, également conseiller régional Robin Reda se lance sur la 7ème circonscription (Athis, Savigny, Viry). Sur la 1ère circonscription (Evry-Corbeil), avec Manuel Valls élu depuis 2002, c’est Caroline Varin, élue en 2015 au Conseil départemental au côté de Jean-Pierre Bechter qui portera les couleurs LR. Sur la cinquième circonscription (Les Ulis, Gif, Saclay), Laure Darcos est investie. Elue avec Michel Bournat en 2015 au Département, elle avait assuré la coordination de la primaire de la droite en Essonne.

Pas encore de candidat officiel

Reste certaines circonscriptions pour lesquelles la convention nationale de LR n’a pas encore tranché. Entre les négociations avec l’UDI (Lire notre article sur les candidats UDI investis) et certaines rivalités internes, le parti se penchera dans les prochaines semaines sur ces situations. « Personne n’a intérêt à partir divisé au premier tour » glisse Laure Darcos, qui espère éviter « des triangulaires voire des quadrangulaires ». Pour le moment, deux prétendants souhaiteraient être investis sur la 3ème circonscription (Brétigny, Dourdan, Arpajon), l’ancienne députée Geneviève Colot, et le maire de Breuillet Bernard Sprotti. Pendant ce temps, le maire de Brétigny Nicolas Méary, également vice-président du Département, et investi par l’UDI est « plus que jamais en campagne ». Sur la 6ème circonscription (Massy, Palaiseau), les négociations se poursuivent également entre LR et UDI. La 10ème circonscription (Val d’Orge) est quant à elle promise à Marianne Duranton, conseillère municipale à Morsang et conseillère régionale, pour le compte du parti centriste avec le soutien Les Républicains.

Les candidats investis par LR : 

1ère circonscription : Caroline Varin 
2e circonscription : Franck Marlin
4e circonscription : Sandrine Gelot
5e circonscription : Laure Darcos
7e circonscription : Robin Reda
9e circonscription : Véronique Carantois

Les autres étant « réservées » pour un éventuel accord ou investis plus tard

  • Retrouvez dans nos prochaines éditions les enjeux des candidatures aux législatives au sein des autres forces politiques du département.