Le Conseiller général et maire (PS) de Ris-Orangis plaide pour l’organisation d’assises sur les transports en Grande Couronne. Il a suivi en tant que membre du STIF les débats sur le devenir de nos transports en grande couronne. Thierry Mandon défend « un plan global pour les transports en Ile-de-France ». Il répond aux questions d’Essonne Info.

Photo : Thierry Mandon lors du déplacement de Ségolène Royal à l’école de la deuxième chance et la friche industriel de LU à Ris-Orangis, en décembre 2010


Alors que le tracé du futur métro du Grand Paris a été rendu public, les élus essonniens continuent de pointer du doigt le manque d’investissement consenti pour la réhabilitation des lignes de RER. A l’image du maire de Ris-Orangis, chargé lors de la précédente mandature au département du développement territorial en Essonne.

Essonne Info : La desserte plus fine en métro automatique aérien léger (de type OrlyVal) choisie pour le plateau de Saclay ne sera livrée qu’en 2025. Dans 14 ans, le projet correspondra-t-il toujours aux besoins de ce territoire ?

Thierry Mandon : Je le crois, il mettra le Nord Essonne à moins de 30 minutes du centre de Paris, à 10 minutes d’Orly et un peu plus de 45 minutes de Roissy. Pour le pôle Massy-Saclay comme pour la partie de l’Essonne en lisière de la première couronne, ce sera un très net progrès. Mais 20 milliards pour cette infrastructure, c’est cher payé.

Essonne info : En dehors du plateau de Saclay, le projet répond-t-il aux attentes des essonniens ?

Thierry Mandon : C’est tout le problème. Ce projet de transport du Grand Paris aurait du être accompagné d’un plan global et concret d’amélioration des transports franciliens. Pour cela, le financement des infrastructures de rabattements des usagers d’Île-de-France sur ce nouveau réseau aurait du être planifié. Pour l’Essonne notamment, les sites propres Arpajon-Massy par la RN20, Corbeil-Evry-Orly par la RN7, la Francilienne et bien sur la remise a niveau des RER. Malheureusement rien n’est prévu. On peut craindre que le Grand Paris étanche tous les crédits pour longtemps. Il n’est pas normal de consacrer autant d’argent à une infrastructure nouvelle quand les installations actuelles sont dans un triste état et que rien n’est prévu pour les remettre a niveau.

« On ne peut signer un accord de 20 milliards pour le Grand Paris en 2025 et rester sourds aux besoins des RER aujourd’hui. »

Essonne Info : La SNCF propose un plan supplémentaire de 4 milliards d’euros pour pallier les vides du Grand Paris, notamment en investissant dans la modernisation du réseau de RER. Une somme largement inférieure aux 6 milliards d’euros que vous avancez, uniquement pour la réhabilitation des lignes C et D…

Thierry Mandon : La SNCF sait bien et le dit partout, ces 4 milliards dont 1,5 pour renouveler le matériel de la ligne A, sont absolument insuffisants. Pas de schéma directeur pour la ligne C, des crédits ridicules pour la D. Ce qui menace les RER comme le dit le Président de la SNCF, c’est la « thrombose ». Il est même allé jusqu’à demander aux Maires de ne plus construire près des gares pour limiter la hausse du trafic quand le SDRIF (Schéma Directeur de la Région Ile-de-France) demande de faire exactement l’inverse. Etat et Région  sont co- responsables de cet abandon. On ne peut signer un accord de 20 milliards pour le Grand Paris en 2025 et rester sourds aux besoins des RER aujourd’hui.

Essonne Info : Vous proposez la tenue en urgence d’assises pour le « transport en Grande Couronne » pour exiger un plan global francilien. Avez-vous été entendu ?

Thierry Mandon : J’espère que la grande couronne va s’organiser. Depuis le lancement du Grand Paris elle se cherche. Elle participe aux principales décisions et valide des schémas qui pourtant, en confortant le cœur d’agglomération parisienne, y concentrent l’essentiel des investissements publics et privés. Cette stratégie de participation et de soutien est une impasse. L’Essonne (91), la Seine-et-Marne (77), les Yvelines (78) et le Val-d’Oise (95) doivent s’organiser et peser ensemble pour négocier leur soutien contre de véritables contreparties, exiger plus d’égalité territoriale dans les investissements en région Île-de-France, et obtenir les crédits indispensables à la remise a niveau des RER. En Essonne, des élus de toutes tendances prennent conscience de la nécessité de ce changement stratégique, les Verts se sont abstenus sur le projet Grand Paris : bref les choses évoluent. La pression des usagers obligera à ce changement.