« Il a dit qu’il allait casser la baraque et il l’a fait. Je suis très heureuse de ce résultat ». Par ces mots, Isabelle Perdereau, la référente de François Fillon en Essonne laissait en partie échapper son émotion à l’issue du vote du second tour de la primaire de droite et du centre. Car oui, ce dimanche 27 novembre, les électeurs ont choisi le candidat qui sera soutenu par le parti Les Républicains. Et pour ce second tour, le score est sans appel. Avec plus de 4,2 millions de votants, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, François Fillon, est arrivé en tête de ce scrutin face à Alain Juppé, Premier ministre sous Jacques Chirac. En effet, celui qui est aussi l’ancien maire de Sablé-sur-Sarthe (72) a recueilli près de 66% des suffrages au niveau national.

Cette tendance nationale se confirme aussi à l’échelon local. Dans de nombreux départements, François Fillon occupe le haut de l’affiche. C’est notamment le cas en Essonne. Ce dimanche soir, alors qu’il ne restait encore que deux bureaux à dépouiller, l’ancien Premier ministre caracolait en tête avec 60,8% des suffrages en sa faveur, soit plus de 50 000 voix, contre à peine 32 000 pour son adversaire du jour. Retour sur les chiffres clefs de ce second tour en Essonne.

Une participation en légère progression

Cela avait été une surprise au premier tour. Pour ce second tour, la participation a été importante et quasi similaire, voire un peu plus forte par endroits. Dimanche 20 novembre, légèrement plus de 80 900 personnes avaient choisi de s’exprimer dans le cadre de cette primaire. Sept jours plus tard, ce chiffre a été dépassé. À minuit ce dimanche, alors qu’il ne restait que les résultats de deux de bureaux de vote, le nombre de votants était de figé à 83 135. « C’est encore une fois un beau score, résume alors Laure Darcos, qui préside depuis six mois la commission départementale d’organisation de la primaire. A Saclay, une dame qui est hospitalisée est même venue voter accompagnée par deux ambulanciers qui l’ont reconduite à l’hôpital dans la foulée. C’est fou », explique-t-elle.

Dans le cas d’une nouvelle affluence dans les bureaux de vote, cette dernière craignait une fois de plus que des problèmes surviennent en termes d’approvisionnement de matériel. « C’était une angoisse aujourd’hui, car la semaine dernière nous avons failli manquer de bulletins dans certains bureaux. Si nous venions encore à manquer de bulletins cette fois-ci, les assesseurs étaient autorisés à reprendre ceux qui n’étaient pas trop chiffonnés dans les poubelles des isoloirs ». S’il n’y pas eu de soucis notoires à déclarer de ce côté-là, c’est bien sur un autre point qu’un problème aurait pu survenir. « Aujourd’hui, c’était par rapport aux enveloppes que nous aurions pu avoir un manque. Cela a été juste, mais cela s’est bien passé dans l’ensemble », note finalement cette dernière.

En termes de participation, celle-ci a été encore très forte dans le nord-ouest du département, du côté de Verrières-le-Buisson ou encore de Gif-sur-Yvette. Dans ce chef-lieu de canton, plus de 22% des électeurs se sont une nouvelle fois déplacés en masse. Ils étaient 3 654 au premier tour, ils sont sept jours plus tard 3 633 à être revenus. Bref, une participation qui reste à quelques points similaire à celle du premier tour. À Breuillet, le nombre de votants fléchit d’une cinquantaine de personnes et passe sous le seuil des 1 000 voix, tandis qu’à Draveil ce nombre passe la barre de 2 000 votants (2 030 plus précisément) contre moins de 1 950 lors du premier tour par exemple. Mais l’une des plus grosses hausses reste à mettre au crédit de la ville préfecture, Évry. La commune de l’actuel Premier ministre a vu près de 200 Evryens de plus défiler devant les urnes. Le nombre de votants passant de 1 077 à 1 256.

Juppé légèrement plus à son aise dans les territoires dits de gauche

Concernant la répartition entre les deux acteurs de cette primaire, celle-ci est encore bien inégale au niveau de l’Essonne. Au premier tour, le champion sarthois l’emportait dans toutes les communes, hormis Évry, Vigneux, Grigny, Massy, Corbeil-Essonnes ou encore Saint-Aubin arrachées par Alain Juppé. Une bien maigre consolation pour le maire de Bordeaux. Pour ce second tour, les résultats sont de la même teneur. Alain Juppé ne remporte que très peu de communes dans le département. Ces dernières se comptent presque sur les doigts d’une seule main. Même s’il est finalement battu sur Corbeil-Essonnes, Vigneux ou encore Grigny, celui-ci conserve Évry. « C’est sans doute dû au vote des personnes de gauche qui ont dû écouter les consignes de vote pour faire barrage à Fillon », analyse Jacques Lebigre, ancien secrétaire départemental des Républicains. En effet, le bureau de vote de la mairie d’Évry, traditionnellement à gauche, a connu une hausse de son nombre de votants – plus 100 par rapport au premier tour. Un bureau sur lequel Alain Juppé grille la politesse à François Fillon : 343 contre 196. Tandis que sur le bureau du vieil Évry traditionnellement plus à droite, la tendance s’inverse : 330 pour Juppé et 387 pour Fillon.

Alain Juppé est donc plus à l’aise dans les territoires dits de gauche. Celui-ci recueille donc plus de voix que son homologue dans un bureau de vote d’Orsay, de Brétigny, des Ulis notamment. Il bat également François Fillon sur les communes de Massy et de Palaiseau où le vote de gauche est fort dès qu’il s’agit de scrutins à envergure nationale. Toutefois, ce vote de gauche pour Alain Juppé semble avoir des limites, vu qu’à Sainte-Geneviève-des-Bois 1 157 personnes ont voté Fillon et seulement 716 pour Juppé. « Idem pour Grigny et Longpont où il se fait battre par Fillon », précise Jacques Lebigre.

À l’inverse, dans les territoires plus marqués à droite, François Fillon réalise de gros scores. À Wissous ou à Brunoy notamment, celui-ci fait le double d’Alain Juppé, glanant respectivement 446 voix contre 281 et 1 456 voix contre 786. Il obtient 500 voix d’avance à Gif-sur-Yvette et Draveil par exemple.

Maintenant, place à la présidentielle

C’est donc une victoire sans appel pour François Fillon qui peut maintenant préparer sa campagne pour l’élection présidentielle « plus sereinement ». « J’appelle ce soir les électeurs et les militants de la droite et du centre en Essonne à continuer le rassemblement afin de parler aux Français d’une même voix. Cette dynamique engagée, autour des valeurs et du projet de François Fillon, doit nous conduire à être acteur de cette force qui avance avec courage et vérité vers la victoire en mai 2017 », a ainsi déclaré sa référente en Essonne, Isabelle Perdereau. Cette dernière très isolée avant le premier tour avec le maire de Villabé Karl Dirat notamment a vu de nombreux soutiens se greffer à son mouvement durant l’entre-deux tour, comme Serge Dassault, le maire d’Étampes Franck Marlin, le maire de Juvisy Robin Reda, ou encore Georges Tron le maire de Draveil pour ne citer qu’eux.

Place donc à la présidentielle. Cependant, pour Laure Darcos et Jacques Lebigre, la fin de ce second tour de la primaire de la droite et du centre marque la fin de plusieurs mois de travail. « Ça a été un très gros travail, relate Laure Darcos. Nous n’avons quasiment pas eu de vacances cet été à cause de cela. Ça reste une très belle expérience. Maintenant, il ne reste plus qu’à réceptionner les fonds récoltés dans le cadre de cette primaire et de pouvoir transmettre les listes d’émargement des bureaux de vote à la CNIL pour qu’elle les détruise », conclut cette dernière, qui espère que pour 2022 « le vote électronique sera mis en service », ironise-t-elle.