Elle les a frôlés sans pouvoir y accéder. L’été dernier, Koumba Larroque n’était pas à Rio pour disputer ce qui aurait été les premiers JO de sa jeune carrière. Pourtant, à seulement 18 ans, l’Essonnienne affiche déjà un beau palmarès.

Championne du monde et d’Europe cadet et junior dans la catégorie des –67 kg, Koumba Larroque est née le 22 août 1998 à Arpajon. Ses frères, qui pratiquent déjà la lutte, lui ont mis le pied à l’étrier : « Avec ma mère, on allait les récupérer après leurs entraînements, se souvient la jeune fille. C’est comme cela que je m’y suis mise  ».
A l’âge de 8–9 ans, elle se lance donc au club de Sainte-Geneviève Sports où elle combat parfois contre des garçons : « Dans les catégories de jeunes, les filles ne sont pas séparées des garçons, explique-t-elle, j’effectuais donc des combats mixtes  ».

A l’âge de 12 ans, elle quitte ensuite la région parisienne pour le Pôle d’excellence de Font-Romeu (Pyrénées-Orientales) où elle passe quatre ans et connaît sa première sélection en équipe de France (Cadet). Puis elle rejoint le Pôle France Jeune de Ceyrat (Puy-de-Dôme) près de Clermont-Ferrand : « J’y suis restée 2 ans, jusqu’à cette année où j’ai intégré l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP) à Paris, précise la lutteuse essonnienne. Ce fut des années inoubliables tant sur le plan sportif qu’humain puisque je connais certains lutteurs depuis maintenant presque 10 ans…  »

Déjà 7 titres au compteur



Durant cette période, elle garnit considérablement son palmarès en remportant les championnats de France cadet 2013 et 2014, le championnat de France junior 2015 mais aussi et surtout ses premières médailles internationales : 2e aux Europe et au mondial 2014 (Cadet), 3e aux JO de la jeunesse 2014 et médaillée d’or aux championnats d’Europe et du monde 2015 (Cadet) et 2016 (Junior). Des succès qui lui permettent d’être surclassée en Senior et de participer au Tournoi de qualification olympique (TQO) disputé en mai dernier à Istanbul.

Si elle termine à la troisième place synonyme de non-qualification pour les JO de Rio, elle en garde néanmoins un bon souvenir : « C’était une bonne expérience même si je me suis mise beaucoup de pression, admet-elle. Il s’agissait de ma première compétition senior et j’étais opposée à des filles de plus de 30 ans qui avaient plus de bouteille que moi ».

La jeune femme compte bien participer aux JO de Tokyo 2020 (FFL)

La jeune femme compte bien participer aux JO de Tokyo 2020 (FFL).

Revancharde, elle se rendra quand même au Brésil en temps que spectatrice pour observer les meilleures du monde et en tirer le maximum. Un vrai plus pour celle qui passera officiellement en Senior d’ici un an et demi : « Vivre tout ça et participer aux stages senior et un plus dans ma progression, ça va me faciliter les choses pour la suite  », reconnaît-elle.

Premier test-match avec les A



Actuellement dans sa deuxième année junior, Koumba Larroque profite donc d’être surclassée pour engranger le maximum d’expérience. Avec deux entraînements par jour sous les ordres de Thierry Bourdin, ancien lutteur français, elle se prépare à remettre en jeu ses titres de championne du monde et d’Europe junior, mais aussi à participer à ses premiers mondiaux senior du 21 au 26 août 2017 à Paris : « C’est un programme chargé mais il est aménagé pour me permettre de concilier les compétitions et mes études », confie l’Essonnienne qui effectue une licence STAPS option paramédical dans le but de devenir kiné.
Entre travail technique, athlétique et scolaire, elle ne laisse rien au hasard, consciente que la route est encore longue mais que l’avenir lui tend les bras.

Mardi 29 novembre au Cirque d’Hiver Bouglione à Paris, elle connaîtra une nouvelle étape dans sa carrière en disputant son premier test-match avec l’équipe de France senior face au Kazakhstan, une des nations majeures de la discipline : « Ce sera un combat spécial dans un lieu unique, conclut-elle. Je suis à la fois excitée et stressée car il y aura toute ma famille. Mais ça reste une compétition qu’il faudra disputer à fond ! ». Un pas de plus vers les JO de Tokyo 2020 auxquels elle rêve déjà.